Sarah

Pages: 9 (2125 mots) Publié le: 9 novembre 2012
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II/ LA PREMIERE GUERRE MONDIALE : L’EXPERIENCE COMBATTANTE DANS UNE GUERRE TOTALE
1/ De la violence du front à la violence subie par les civils : la mort banalisée ? ► L’expérience tragique du feu : la confrontation avec la mort de masse. Jamais les soldats n’avaient été aussi exposés à la mort dans les conflits précédents : dans les 5 premiers mois de cette guerre la moyenne des Français(« Poilus ») tués est de 2737 par jour… 20 000 Britanniques sont morts le premier jour de la bataille de la Somme. Les bombardements d’artillerie p.84 (violence aveugle) occasionnent environ 75% des pertes directes ; les éclats d’obus tuent, mutilent, défigurent. Responsables de souffrances atroces, les gaz p.84 horrifient, même s’ils n’ont tué que 1% des hommes. On se terre au fond des tranchées. Aces peurs et souffrances quotidiennes, s’ajoutent la vue insoutenable des morts et des blessés, mais aussi la chaleur, le froid, la boue, les parasites, l’épuisement, l’éloignement des êtres chers. Les liens avec l’arrière sont rares, et censurés, avant la mise en place tardive des permissions. Les soldats développent d’ailleurs des troubles psychiques pendant et après le conflit (cauchemars,tremblements, mutisme). ► Comment expliquer la ténacité des combattants ? Certains historiens (J.J Becker) développent l’idée d’un « consentement » des hommes au conflit et à la violence, rendu possible par l’existence d’une culture de guerre spécifique : le soldat, modelé par le patriotisme (contexte d’union sacrée), estime que son combat défensif pour la mère-patrie est justifié. C’est vrai despaysans français du Nord et de l’Est, qui luttent aussi pour le sol de leurs villages. Au patriotisme s’ajouterait une haine croissante de l’ennemi (beaucoup estiment défendre la « civilisation contre la barbarie »). D’autres historiens (Antoine Prost) critiquent cette vision et considèrent que cette « culture de haine » résulte de la propagande de l’État et affecte surtout « l’arrière », lesmentalités du front restant différentes : « La guerre est vite devenue un métier que les soldats ont fait avec conscience professionnelle ». De même F. Rousseau insiste sur les contraintes qui pèsent sur des soldats qui n’avaient guère le choix : contraintes morales (remplir son devoir pour son pays, pour les camarades du front, pour sa famille) ; contraintes immédiates aussi, car désobéir c’est, danstoutes les armées, s’exposer à de lourdes sanctions (exécutions sommaires…). Pour ces historiens les soldats se sont adaptés à la violence de guerre (# consentement). Au final, les défections au combat se produisent mais sont rares, de même que les quelques épisodes de fraternisation entre ennemis au début de la guerre ; les mutineries de 1917 sont limitées en France (40 000 mutins) : ellestraduisent le refus des assauts inutiles ordonnés par des chefs jugés incompétents et ne relèvent que très rarement du pacifisme. ► Les civils à l’épreuve des violences. « L’arrière » n’est pas épargné par les souffrances : angoisse, deuil, privations… Mais l’amplification de la violence de guerre contre les populations désarmées est un fait notable du conflit : elle est fréquente lors des phasesd’invasion ou de retraite des armées (multiples viols). Par ailleurs certaines communautés sont rapidement désignées comme « suspectes » et brutalement expulsées. C’est le cas de 600 000 juifs rejetés de l’empire russe en 1915, ou de nombreux Allemands qui doivent quitter l’Ukraine sans ménagement. Dans les territoires occupés, le travail forcé est fréquemment imposé aux populations locales par les arméesd’occupation (qui quadrillent villes et villages). Entre octobre 1916 et février 1917, 61 000 travailleurs belges sont même contraints d’aller travailler en Allemagne. Les progrès réalisés par l’artillerie (à longue distance) et par l’aviation permettent d’atteindre l’arrière-front (villes bombardées) ; lieux de combats et espaces civils sont donc de moins en moins distincts (Paris est...
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