Sartre

7765 mots 32 pages
L’enfance d’un chef n’accorde que peu d’importance aux formes politiques de la solidarité humaine ou encore de la simple communication avec autrui. Parce qu’elle privilégie, à l’origine du moins, l’individuel et le singulier, la fiction romanesque atteint au politique par une voie oblique : dans quelle mesure le petit roman de Sartre peut‐il entrer en débat avec la politique ? On notera à ce propos que L’enfance d’un chef multiplie les références ponctuelles et indirectes aux hommes politiques français des années 1920 et 1930 : le petit roman mentionne Raymond Poincaré, président de la République ; Aristide Briand, président du Conseil, Édouard Herriot, ministre d’État du parti radical, Léon Blum, homme politique socialiste. L’entrée du personnage principal chez les camelots du Roi évoque Barrès et Maurras1. Et c’est donc aujourd’hui, actuellement, qu’en quelque sorte ce contenu fait surface. Cela étant, L’enfance d’un chef n’est pas de ces oeuvres qui prennent en compte directement une époque et un monde. S’y dessinerait plutôt en filigrane, entre les lignes du texte, une réflexion constituée sur les rapports sociaux et politiques de l’individuel et du collectif.
La nouvelle de Sartre, terminée en juillet 1938, inédite jusqu’à sa parution dans le recueil Le Mur en janvier 19392, est prise dans un double dispositif qui la porte tout entier vers sa fin : la démonstration philosophique et littéraire d’une part, la vision subjective et esthétique d’autre part, font d’abord écran à l’aspect proprement politique du 28 romanesque. A sa publication, le recueil Le Mur a reçu le prix du Roman populiste en avril 1940 : à travers posture de répulsion, rejet d’un humanisme grotesque, artifice de la nausée et dénégation du social, Sartre se réclame à bon droit de Louis‐Ferdinand Céline. Si pourtant la pathologie du social se prévaut d’un imaginaire populiste, le visage de l’anti‐héros nauséeux et contingent Lucien Fleurier est bien celui de la France provinciale de l’immédiat

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