Spleen lxxviii charles baudelaire

Pages: 7 (1542 mots) Publié le: 21 août 2013
« Spleen LXXVIII »

Charles Baudelaire a toujours éprouvé une grande aversion pour les bourgeois et leurs idées prônant le progrès. Pourtant infailliblement, il a toujours été relié à cette classe qui vivait dans la même société que lui et contribuait à sa prospérité financière. Il a d’ailleurs écrit dans « la muse vénal », un poème des Fleurs du Mal recueil publié en 1857 :  « étaler (les)appas pour faire rire la rate du vulgaire ». En effet, Baudelaire pour gagner sa vie se mettait en scène et faisait rire la cour qu’il considérait comme médiocre et ennuyeuse. Il est alors intéressant de remarquer que le mot « rate » se dit « spleen » en anglais, mot qui désigne dans la section « spleen et idéal » des Fleurs du Mal un état de mélancolie profonde voire morbide. Est-ce que le poèmeintitulé « spleen » qui se situe dans cette même section parlera aussi de cette état morose qui touchait selon Baudelaire non seulement les bourgeois mais les hommes en général ?

Composé de cinq strophes en alexandrin, ce poème commence par décrire notre monde vu du ciel, un ciel qui oppriment l’homme, déjà en proie à la mélancolie. Ensuite, le monde est représenté successivement par la terre, uncachot humide duquel l’espérance s’est envolée, et par la pluie les barreaux d’une prison, un monde dans lequel les araignées horribles viennent tisser leurs toiles dans le crâne des gens. Puis soudain, des cloches bondissent avec frénésie en hurlant en direction du ciel, et des esprits vagabonds se mettent à se plaindre de façon obstinée. Et ce sentiment de désespoir se retrouve aussi chez lepoète dans la tête duquel, l’angoisse monstrueuse a triomphé après avoir terrassé l’espoir. Dans mon travail d’analyse, je vais démontrer que les hommes sont opprimées toujours plus, dans un monde morose et sans espérance, et que oppression atteint son paroxysme, qui se solde chez le poète par la victoire de l’angoisse sur l’espoir.

Axe 1
{les hommes sont opprimés…} Tout d’abord, les troispremière strophes donnent à voir un monde dans lequel l’homme - désigné par le « nous » (v.4) - est opprimé. Ce sentiment d’étouffement se perçoit très vite de part un champ lexical d’écrasement : « bas et lourd » (v.1), « couvercle » (v.1), « embrassant » (v.3), « cercle » (v.3), « verse » (v.4), « cachot humide » (v.5), « murs » (v.7), « se cognant » (v.8), « plafonds » (v.8), « prison », « tendre »(v.12), « filets » (v.12), « cloches » (v.13), dans un monde suintant « humide » (v. 5), « pourris » (v.8). Cette ambiance pesante est alors intensifiée par le mot « lourd » qui fait penser à l’atmosphère pesante qui précède l’orage. En outre, une comparaison « le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle » (v.1) et des métaphores « la terre est changée en un cachot humide » (v.9), « un peuple muetd’infâmes araignées vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux » (v.10), contribuent aussi à démontrer que l’homme est enfermé tel un prisonnier dans un cachot, ou tel un insecte dans une toile d’araignée. Une autre métaphore (v. 7-8) dépeint ce monde comme une maison close « les murs » (v.7), « plafonds » (v.8) auxquels l’espérance se cogne. Ce monde est aussi représenté par une prisonimitée par la pluie « imite » (v.10) – il s’agit donc d’une personnification – et il s’étend sur une immense surface soulignée par l’oxymore « vaste prison » (v.10).

{… toujours plus} En outre ce sentiment d’étouffement qui se profile le long de ces trois strophes se fait de façon toujours plus forte et plus profonde. La description commence par « le ciel » (v.1) et se poursuit par une gradationdescendante « terre » (V. 5), « pluie » (v.9). Ce mouvement descendant se ressert en fait comme un étau sur l’homme et est rythmé par une anaphore « quand » (v.1), « quand » (v.5), « quand » (v.9) ainsi que par un enjambement « Quand…opiniâtrement » (v.1-16). Cette succession qui se referme est accentuée par la ponctuation des points virgules (v.4) et (v.8) qui apportent une idée de cause à...
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