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Pages: 17 (4120 mots) Publié le: 1 janvier 2015
   
  
 
 
      
L'homme est le seul animal qui dispose d'une conscience réflexive, c'est à dire qui est capable
de se penser lui-même et de se vivre dans la singularité : dire "je suis moi-même", c'est dire "je ne
suis pas un autre et j'assume la responsabilité de mon originalité". Mais, en même temps l'homme estaussi un être social qui subit l'influence des autres et on peut se demander si cela ne le conduit pas
nécessairement au conformisme. Alors, les autres sont-ils l'obstacle qui m'empêche d'être ou au
contraire le ferment de la constitution de soi ? La question est importante car sa réponse éclaire la
définition classique d'Aristote : "l'hommeest un animal politique" c'est à dire social. De prime abord il
semble bien qu'on ne puisse être soi que dans la solitude qui nous préserve de l'influence d'autrui.
Cependant placés dans une solitude absolue serions-nous vraiment capables d'être ? Si la réponse
est négative, alors comment l'autre peut-il me constituer ?
*
* *
Si l'homme comme ledit Heidegger est un "ëtre-au-monde" et un "être-au-monde-avec", c'est
à dire si nous vivons nécessairement en société, il faut remarquer que la société tend à instituer des
normes auxquelles nous sommes tous tenus de nous conformer.
La vie sociale, c'est la vie stéréotypée. Il est bien vu de se comporter comme les autres. Les
études sur la dynamiquedes groupes montrent que tout groupe institue des règles que chacun est
tenu de respecter et toute originalité aura pour sanction une marginalisation. Or, qu'est-ce qu'être soimême ? Est-ce faire comme les autres, se plier au comportement du groupe ? Où est-ce assumer sa
singularité, son authenticité ? Être soi-même, c'est bien sûr assumer sonoriginalité. On peut alors
penser que le groupe étouffe notre moi le plus authentique. C'est ce que pense Heidegger en
analysant ce qu'il appelle "la dictature du On". La rencontre des autres ne suppose pas la distinction
entre un sujet séparé des autres sujets. L'existence quotidienne implique que l'homme soit pris,
absorbé par son mode. Ilest sous l'emprise du "On" c'est à dire que le fait d'être ensemble crée une
situation d'indifférence, d'indistinction où se perd ce que chaque être a d'authentique et de particulier.
Il s'établit "la dictature du On". Le "On" n'est pas "nous". Dire "nous", c'est parler d'une pluralité de
mois bien distincts. Le "On" renvoie, au contraire, àune vague collectivité indistincte. C'est la norme
moyenne à laquelle se soumettent les comportements et qui aboutit au nivellement général. Par souci
conformiste du " Qu'en dira-t-on ", on ne se situe plus comme égal ou supérieur à autrui d'après ce
que soi est authentiquement, mais d'après le jugement de l'opinion publique. Le "je" estdéchargé de
toute responsabilité. "On" juge pour lui. Chacun se réfugie dans l'anonymat du "On". Or ce "On" n'est
personne. Il n'est ni celui-ci, ni celui-là, ni quelqu'un, ni la somme de tous. En somme, ce que dit
Heidegger, c'est que nous vivons dans une dépendance quasi totale à l'égard des autres et qu'il n'y a
pas de tyrannie plus lourde quecette tyrannie sans tyran. Il est vrai qu'il est tellement plus facile de s'y
plier que d'être soi. Elle retire à chacun toute responsabilité car là où tout le monde est responsable,
personne ne l'est plus. Le "On" est sans visage.
Mais, si l'existence sociale nous entraîne à cette indistinction qui fait que l'on n'est jamais soimême, n'est-ce pas dans la...
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