L'échec d'une pensée

Pages: 5 (1132 mots) Publié le: 23 février 2011
Copenhague : l'échec d'une pensée

L'accord de Copenhague est un échec flagrant : il est sans avancée pour la lutte contre le réchauffement climatique. A qui la faute ? Au ''développement'' semble-t-il ! aliénation pour les uns, leitmotiv pour les autres. Jusqu'où de telles illusions nous mèneront-t-elle ?



Copenhague : l'échec d'une pensée

Il n'y a pas d'accord de Copenhague,seulement une déclaration politique indigente de quelques dizaines de chefs d'Etat et de gouvernement, sans objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, sans force juridique, sans solidité financière. Ce texte est émaillé de phrases d'autant plus grandiloquentes qu'elles sont moins contraignantes, alors qu'il fallait des objectifs datés et chiffrés, des trajectoires décritesjusqu'en 2020, 2030 et 2050, et un régime de respect des obligations et de sanctions en cas de défaillance. La rédaction du paragraphe 2 de ce texte constitue un exemple de phraséologie sans ambition ni engagement : « Nous devrions coopérer pour atteindre le pic des émissions nationales et globales le plus vite possible, en reconnaissant que le passage du pic sera plus éloigné dans les pays endéveloppement et en gardant à l'esprit que le développement social et économique et l'éradication de la pauvreté sont les premières priorités des pays en développement et qu'une stratégie de développement peu émettrice est indispensable au développement durable ». Tandis que les documents et les paroles des experts du Groupe Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC) ne cessent d'affirmer que lepic puis le déclin des émissions mondiales doivent advenir entre 2013 et 2017, nos dirigeants mondiaux écrivent « le plus vite possible », c'est-à-dire « nous verons plus tard ». De même, le segment de phrase qui contenait une référence explicite à une division par deux des émissions globales en 2050 par rapport à leur niveau de 1990, ce segment a disparu du texte final. Comme le disait leprésident Obama dans sa conférence de presse, vendredi 18 décembre, vers 23h00 : « Cet accord n'est pas juridiquement contraignant, et chacun fera chez soi les efforts nécessaires ». On ne saurait être plus franc sur la fin du Protocole de Kyoto et de tout engagement collectif, sur le mépris de l'ONU et du multilatéralisme, sur l'indifférence aux alertes des scientifiques. J'invite chacun à lire cet «accord de Copenhague » afin d'en déceler, à chaque ligne et dans son ensemble, les marques de l'aveuglement à la catastrophe, du nationaliste économique et énergétique, de la croyance désuète au « développement », fut-il « durable ».

Le vocabulaire du « développement », souvent équivalent à celui de la « croissance », est omniprésent dans tous les textes onusiens, notamment dans la Convention surle Changement climatique et dans le Protocole de Kyoto. Il est la base de la partition de l'ensemble des pays en deux groupes : les « développés » et les « en développement ». Fondée sur le PIB par habitant, cette partition renvoie à une vision purement économique du bonheur des populations et de la santé des écosystèmes qui les soutiennent. On imagine ainsi un hit-parade des pays en ordredécroissant du PIB par habitant : les plus « riches » en tête, puis les « grands émergents », jusqu'aux « pays les moins avancés » (PMA). Bien sûr, ce classement ne tient aucun compte de l'état de l'environnement naturel du territoire de chaque pays, ni des prédations d'énergies, de matières ou de produits que les plus « riches » effectuent au détriment des plus « pauvres ». Ces derniers n'ont donc qu'uneseule image de l'avenir : rattraper le niveau de « développement » des premiers dans une course perdue d'avance. A entendre les délégués à Copenhague des pays africains, asiatiques ou sud-américains, leur obsession unique est de se doter eux-aussi des grattes-ciel, des routes et aéroports, des voitures, téléphones mobiles et autres exhibitions matérielles qui attestent de leur « développement...
Lire le document complet

Veuillez vous inscrire pour avoir accès au document.

Vous pouvez également trouver ces documents utiles

  • Le doute est-il l’échec de la pensée ?
  • Le doute est-il l’échec de la pensée
  • L'échec d'une prophétie
  • Affirmation d'une pensée francophone
  • Impact d'une situation sociale précaire sur la réussite ou l'échec scolaire
  • Le cas «moneo» ou la chronique de l'échec annoncé d'une bonne idée
  • L'echec
  • En quoi peut-on parler d'une dimension dialogique dans les pensées de pascal?

Devenez membre d'Etudier

Inscrivez-vous
c'est gratuit !