Bérénice

par

La «tristesse» majestueuse

La tristesse est vraiment très présente dans le texte de Racine, l'utilisation nombreuse du ''Hélas'' et du ''pleurs'' est très représentative.

Néanmoins, et avec le style poétique de l'auteur, la tristesse devient majestueuse, voire édifiante, nous allons voir quelques passages:

– Acte 1 Scène 2: Antiochus, dans une tirade, déclare qu'il lui faut partir mais en avouant ses sentiments cachés à Bérénice. Il répètera deux fois le mot ''hélas''. Néanmoins la triste tragédie qui se dégage de la tirade devient majestueuse par l'excitation des sentiments: «pourrai-je, sans trembler, lui dire ''Je vous aime''? Mais quoi, déjà je tremble, et mon cœur agité […]». Par ces paroles on comprend tout l'amour que ressent Antiochus pour Bérénice.

– Acte 1 Scène 4: Antiochus avoue son affection pour Bérénice, sa dernière réplique comporte deux ''Adieu''; on ressent sa tristesse, toujours exprimée de façon très majestueuse et poétique : «Je vais, le cœur trop plein de votre image».

– Acte 2 Scène 2: Titus est dans une grande tristesse à l'idée de devoir se séparer de Bérénice. La poésie, les répliques majestueuses de Titus, tentent de masquer cette tristesse avec: «un amour ardent», «J'ai pour elle rendu cent fois grâces aux dieux», «Que la fin d'un amour qu'elle a trop mérité». La poésie de Racine dissimule, transforme la tristesse de Titus en quelque chose d'encore plus fort, de majestueux, de vertueux.

– Acte 3 Scène 1: Titus annonce à Antiochus qu'il abandonne Bérénice, il nous déclare toute sa tristesse, mais là aussi l'écriture, la poésie est telle que la tirade de Titus est majestueuse. Il sait qu'il peut faire de grandes choses, qu'il est puissant: «Maître de l'univers», «je puis faire les rois» mais qu'il ne peut pas profiter de l'amour qu'il a pour Bérénice: « Cependant de mon cœur je ne puis disposer». L'instant est tragique, triste mais la poésie et le style de Racine rendent le texte très fort, monumental et somptueux.

La poésie, le style violent d'écriture qu'emploie Racine, nous fait passer la tristesse de nos protagonistes pour quelque chose d'épique et de majestueux. L'expression des sentiments de chacun d'eux se caractérisent par des mots très forts, de nombreuses fois sont répétés les mots ''gloire'' et ''cruauté''. L'utilisation de nombreuses oxymores contribue à ériger la tristesse en quelque chose de presque somptueux.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur La «tristesse» majestueuse >