Bubble Gum

par

Une critique de la propagande médiatique

1.            La célébrité : un monde illusoire

 

Lolita Pille a avant tout cherché à travers son roman à démonter les illusions que nous propose la société eue égard à la célébrité. Manon associe la célébrité à la facilité. À ses yeux, il suffit d’être belle et mince pour « conquérir le monde ». Et c’est ce que dénonce l’auteure. Aujourd’hui, il ne semble plus servir à rien d’avoir fait quelque chose d’intéressant pour devenir célèbre : passer à la télévision et se montrer comme dans les télé-réalités suffirait. Cette image trompeuse est renvoyée aux jeunes hommes et femmes qui suivent les médias, et suscite des vocations irréalistes chez certains. Manon sert ici d’exemplification de ce qu’est réellement la célébrité ; la « coucherie » est présentée comme une monnaie courante pour accéder à ce que l’on souhaite : « Rien n’est gratuit dans ce bas monde, et pour entrer chez moi, il faut passer à la casserole ! Et même après ça, je peux te dire que tu ne seras pas au bout de tes peines. » Et la maigreur, durement acquise, maladive, est présentée comme un canon de beauté : « Elle n’a plus que la peau sur les os. […] elle ressemble à une icône morte. »

Cette idée d’illusion est renforcée dans le texte par le leurre réel dont est victime Manon : sa gloire n’est que fictive, inventée de toute pièce par Derek. Et comme les jeunes filles d’aujourd’hui, elle se laisse piéger par l’attrait de la reconnaissance, refusant d’ouvrir les yeux sur la réalité des choses : « Manon était prête à croire en n’importe quoi, elle avait des yeux, mais elle ne voyait rien, puisqu’elle ne voulait rien voir ».

Par ailleurs, contrairement à l’idée coutumièrement véhiculée, la gloire n’apporte pas le bonheur, nous montre l’auteure, qui crée au sein de son roman un parallèle saisissant. Dans les premières pages, Manon rêve à la vie qu’elle pourrait mener si elle devenait actrice ; elle s’imagine alors diverses scènes : « J’aurais un sourire, et avant de téléphoner au journaliste pour le remercier, je repousserais le plateau, et prendrais une cigarette. Je l’allumerais et jamais je n’aurais ressenti un plaisir pareil en allumant une clope. » Ce même passage est repris en conclusion de l’œuvre, à la différence que sa cigarette, auparavant synonyme du bonheur procuré par la réussite, n’a pas le goût de la victoire mais celui de l’échec : « J’allume une clope, j’aspire une bouffée […] et je ne ressens strictement rien, rien qu’un goût dégueulasse. »

Lolita Pille appuie donc à travers son roman l’idée que la célébrité n’est qu’une illusion que nous vend la société, et qu’il est dangereux de se laisser piéger.

 

2.            Critique des idées véhiculées par les médias

 

Les médias sont, dans la société contemporaine tout particulièrement, un puissant moyen de communication, et se présentent comme un reflet de la réalité. Or Lolita Pille montre clairement son désaccord avec cette idée. Son héroïne, Manon, est victime des dires des magazines et autres supports médiatiques, car c’est par eux qu’elle se convainc de sa notoriété. C’est en se contentant des affiches qu’elle voit et des magazines qu’elle lit qu’elle s’assure que le monde entier la connaît, alors même que tous ces éléments sont fictifs. Elle se laisse donc duper, se montrant trop crédule et accordant une confiance trop grande en la véracité de ces écrits.

Mais la célébrité n’est pas la seule illusion que produisent les médias. En effet, ils proposent également des modèles de beauté, qui représentent un idéal à atteindre. Mais cet idéal n’est pas réel puisque les jeune femmes présentées sont maquillées, retouchées à outrance sur les couvertures de magazines, et finissent par ne plus ressembler au modèle initial. Par ailleurs, les physiques qu’ils exposent sont bien éloignés des critères normaux de santé. Manon, qui est pourtant décrite comme une jeune fille mince, voire maigre, se voit également victime des trucages des médias : « Je mesure 1 m 72 pour 46 kg, poitrine 88 cm, taille 62, hanche 88, cheveux bruns, yeux bleus. […] mais je suis un peu moins grande, et j’ai deux kilos de plus ».

Les médias montrent la célébrité comme un monde accessible à tous et synonyme de plénitude : sourires factices, bien-être artificiel. C’est à cet idéal vicié qu’aspire la jeune Manon, mais la réalité lui est finalement dévoilée et la chute, le retour à cette réalité deviennent inéluctables.

Lolita Pille choisit ici de dépeindre tous les vices de la société médiatique actuelle en les présentant de manière exagérée, crue et avec un humour acéré. Cette ironie perpétuelle met en avant l’absurdité des comportements décrits mais surtout la dangerosité qu’ils constituent pour les jeunes personnes les plus crédules.

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