Critique de la raison pratique

par

L’autonomie comme fondement de la loi morale

Nous avons précédemment parlé de la morale en tant que norme universellement reconnue. Perçue comme telle, elle suppose que chaque individu l’intègre dans son inconscient et n’agisse qu’en fonction d’elle, car la morale universelle s’impose au sujet qui n’est qu’un élément de cet univers. Toutefois, Kant fait une remarque. Bien que la morale ait un caractère obligatoire, elle n’en inhibe pas moins la faculté du sujet pensant à prendre ses propres décisions. Il s’en suit donc que ce dernier peut choisir de passer outre les règles de morale si son cœur lui en dit, quand bien même sa conscience lui impose malgré lui, la nécessité de s’y conformer. C’est ce qu’il explique par ces propos : « Tout homme a une conscience et se trouve observé, menacé, de manière générale tenu en respect (respect lié à la crainte) par un juge intérieur et cette puissance qui veille en lui sur les lois n’est pas quelque chose de forgé (arbitrairement) par lui-même, mais elle est inhérente à son être. Elle le suit comme son ombre quand il pense lui échapper. Il peut sans doute par des plaisirs ou des distractions s’étourdir ou s’endormir, mais il ne saurait éviter parfois de revenir à soi ou de se réveiller, dès lors qu’il en perçoit la voix terrible. Il est bien possible à l’homme de tomber dans la plus extrême abjection où il ne se soucie plus de cette voix, mais il ne peut jamais éviter de l’entendre ». En conséquence, l’autonomie apparait comme un élément qui anoblit la conscience, car n’en faisant pas une geôlière de l’individu. Elle en est même le principe unique : « L’autonomie de la volonté est le...

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