Critique de la raison pure

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Résumé

Critique de la raison pure est une œuvre d'Emmanuel Kant, l'un des plus célèbres philosophes allemands de l'Histoire, ainsi qu’une grande figure intellectuelle du 18ème siècle en Europe. Cet ouvrage est plus précisément un essai philosophique publié en 1781 pour la première édition, puis en 1787 dans une seconde édition, après avoir été revu et remanié par l'auteur. Cette œuvre est communément considérée comme la plus lue et la plus célèbre des œuvres de Kant, c'est donc son ouvrage majeur. Le philosophe y présente les conditions de forme nécessaires pour construire un système : le système de la raison pure.

Dans cet ouvrage, qu’il publie à l’âge de 57 ans, profitant de l’ensemble de ses travaux préalables et de son expérience, l’auteur va exprimer sa vision de la philosophie : selon lui, le philosophe n’a pas à fonder ses travaux et sa vision du monde par rapport à Dieu, mais plutôt par rapport à l’être humain. Il opère ainsi une sorte de révolution copernicienne de la connaissance dans le sens où la pensée philosophique ne tourne plus autour de la connaissance de Dieu mais de la connaissance de l’homme. Dans cet ouvrage Kant démontre que la liberté de l’homme provient de la raison et de la connaissance de soi en tant qu’humain, et non pas de la foi en Dieu, quelle que soit la religion et la manière de l’exercer. Kant fixe donc la raison humaine comme centre de la connaissance et point de départ de la liberté. La morale doit donc se baser sur la raison, et non pas sur la religion.

Kant va donc répondre à la question principale qu’il pose au début de son ouvrage: que puis-je savoir ? Question récurrente en philosophie depuis l’antiquité. L’auteur estime que la philosophie n’a pas pour objectif de connaître toujours plus le monde qui nous entoure, mais d’approfondir la connaissance de l’être humain de lui-même. La limite de l’esprit humain, et donc les capacités de l’homme, doivent être analysés par le philosophe afin de déterminer ce que l’humanité est capable de savoir, et par conséquent les espoirs qu’elle peut nourrir.

Kant s’interroge sur la portée de la raison pure, est-elle purement théorique ou spéculative ? La raison doit permettre à l’homme d’atteindre et d’explorer ses limites, cependant, l’auteur s’oppose à la méthode empiriste prônée par de nombreux penseurs, qu’ils fussent ses contemporains ou ses prédécesseurs. En effet, il reproche à cette méthode de présenter à l’homme le monde tel qu’il l’appréhende, c’est à dire de façon subjective, ce qui constitue une connaissance sensible, alors qu’il préconise la connaissance objective et absolue. Cependant, il formule une critique à l’égard de la raison pure, car spéculative ou théorique, elle ne peut amener l’homme à une connaissance objective. Kant rejette ainsi les thèses rationalistes selon lesquelles la raison serait tout et suffisante.

Il indique tout de même le cheminement que doit parcourir l’être humain, afin de parvenir à cette raison pure ; une raison détachée de toute sensation et toute subjectivité.

Il faut ainsi se détacher de la manière dont le monde nous apparaît pour pouvoir construire des connaissances objectives. Kant estime que la métaphysique n’est pas encore une science car elle n’est pas parvenue à fonder ses propres principes ni n’a reconnu la raison, contrairement aux mathématiques ou aux sciences physiques, qui elles sont devenues des sciences. L’auteur prend en exemple Thalès pour les mathématiques et Galilée pour les sciences physiques, toutes deux fondées sur des principes pré existants et des lois naturelles. Pour devenir une science, la discipline doit donc exister au-delà de l’expérience.

L’expérience permet donc à l’homme de vérifier des vérités absolues, des vérités premières : ces vérités sont des connaissances a priori, et les expériences permettent, la plupart du temps de les vérifier et donc de laisser un jugement a postériori ; une connaissance a posteriori. Par contre, une expérience ne fonctionnant pas ou ne vérifiant pas une vérité première ne permettra jamais à l’homme de créer ou de découvrir une connaissance à priori.

Kant va donc rejeter la notion de métaphysique comme science, car étant basée sur l’expérience, elle ne peut être ni objective ni fondée sur des principes absolus. Cependant, la métaphysique peut être utile pour analyser l’homme et ses relations à Dieu, l’âme, et plus globalement le domaine de la morale.

L’auteur fonde donc la connaissance de certaines sciences sur l’existence de principes préalables et absolus, sur l’intuition pure, et sur la sensibilité humaine qui devra forcément s’accompagner d’expérience, donc de la méthode empirique.

Enfin, en distinguant entre le jugement synthétique et le jugement analytique, Kant va expliquer que dans le jugement analytique, deux concepts seront présentés par exemple, deux concepts qui sont liés intrinsèquement de manière logique et évidente. Tandis que dans le jugement synthétique, deux concepts seront liés alors qu’ils ne le sont pas naturellement, et donc lorsqu’une affirmation sera donnée, elle devra être vérifiée par l’empirisme car il lie le jugement synthétique à la connaissance a postériori. Ainsi, la connaissance a postériori va être liée au jugement synthétique, alors que la connaissance à priori sera liée au jugement analytique.

Kant conclut en affirmant que les sciences mathématiques ou physiques sont des connaissances à priori et synthétiques car elles sont liées de manière intrinsèque et représentent des vérités absolues, vérifiables en tout temps et en tout lieu.

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