De la dignité de l'homme

par

La reprise philosophique des récits de la Bible : une réflexion religieuse

L’auteur reprend en partie des éléments de nombreuses religions, musulmane, juive, et évidemment la mythologie grecque ainsi que la religion chrétienne : à cet égard il cite Abdallah le Sarrasin et ses réflexions sur l’Homme, dont le spectacle au théâtre de la vie était le plus admirable : « Finalement j’ai cru comprendre pourquoi l’homme est le plus heureux des êtres vivants – et par conséquent le plus digne d’admiration –, et quelle est précisément la condition que lui a donnée le sort dans l’ordre de l’univers, condition qu’envieraient non seulement les animaux, mais encore les astres et les esprits au-delà du monde. Chose incroyable et étonnante ! Et comment ne le serait-elle pas ? C’est à cause d’elle que l’homme est à juste titre estimé un grand miracle, et proclamé vraiment admirable. – Mais quelle est cette condition ? Ecoutez, Pères, et prêtez-moi pour ce discours une oreille indulgente, conforme à votre humanité ». Il voit en l’homme un interprète de la nature par ses sens, sa raison et son intelligence notamment : l’homme, comme dans toutes les religions est présenté comme étant en dessous du divin, mais ayant la meilleure des places parmi les créatures vivantes sur Terre, dans le royaume des mortels, le temporel.

Il n’hésite pas à citer ensuite la pensée Perse, ou encore David, ce qui lui permet de mêler toutes les religions, mythologie grecque ou Juive : « situé entre l’éternel immobile et le flux du temps, copule ou plutôt hymen du monde selon les Perses, à peine inférieur aux anges selon le témoignage de David », ou encore « Comme l'attestent Moïse et Timée » tous s’accordent sur le rôle spécial de l’humain et ses capacités.

 

Cette œuvre est une reprise, de manière philosophique du récit de la création dans la Bible : par exemple, Pic de la Mirandole reprend le passage de la création et la « conversation » entre Dieu et Adam, le premier homme, à qui il explique qu’il va devoir se déterminer lui même : « En fin de compte, le parfait ouvrier décida qu’à celui qui ne pouvait rien recevoir en propre serait commun tout ce qui avait été donné de particulier à chaque être isolément. Il prit donc l’homme, cette œuvre indistinctement imagée, et l’ayant placée au milieu du monde, il lui adressa la parole en ces termes : « Si nous ne t’avons donné, Adam, ni une place déterminée, ni un aspect qui te soit propre, ni aucun don particulier, c’est afin que la place, l’aspect, les dons que toi-même aurais souhaités, tu les aies et les possèdes selon ton vœu, à ton idée. Pour les autres, leur nature définie est tenue en bride par des lois que nous avons prescrites : toi, aucune restriction ne te bride, c’est ton propre jugement, auquel je t’ai confié, qui te permettra de définir ta nature. Si je t’ai mis dans le monde en position intermédiaire, c’est pour que de là tu examines plus à ton aise tout ce qui se trouve dans le monde alentour. Si nous ne t’avons fait ni céleste ni terrestre, ni mortel ni immortel, c’est afin que, doté pour ainsi dire du pouvoir arbitral et honorifique de te modeler et de te façonner toi-même, tu te donnes la forme qui aurait eu ta préférence. Tu pourras dégénérer en formes inférieures, qui sont bestiales; tu pourras, par décision de ton esprit, te régénérer en formes supérieures, qui sont divines. » Adam incarne donc l’homme à ses débuts, comme dans la Bible : cependant, cette reprise de la Bible est didactique, l’auteur cherche à y faire passer un message, par de nombreuses allusions à la liberté, ainsi qu’aux choix qu’Adam devra faire : « par décision de ton esprit », « que tu aurais souhaités », ou encore « selon ton vœux »… 

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