De l'autre côté du miroir

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Résumé

De l’autre côté du miroir, œuvre publiée en 1871, est la suite du célèbre roman Les Aventures d’Alice au pays des merveilles, écrit par l’écrivain Lewis Carroll en 1895. Une fois encore, le lecteur est transporté dans un monde entièrement farfelu où le rêve n’est pourtant jamais brisé.

 

Alors qu’Alice est blottie dans le creux d’un fauteuil, à moitié assoupie, son chat Kitty en profite pour dérouler toute la pelote de laine que la jeune fille avait avec elle. Quelque peu agacée, elle gronde son chat et s’invente un dialogue avec lui. Puis, elle lui propose de jouer à « faisons semblant », un de ses jeux favoris. Elle place alors l’un des personnages clés du précédent livre de Lewis Carroll, la dame rouge, face au chat. Kitty n’étant pas très réceptive, la jeune enfant la menace de la passer dans le monde du miroir.

Le monde du miroir est un monde qui ressemble au nôtre, mais qui, pour elle, n’est pas qu’un simple reflet ; et Alice meurt d’envie d’y aller. Cette envie est si forte qu’elle parvient à traverser le miroir et à se retrouver dans cet autre monde. Elle peut alors observer les premières différences entre les deux univers, comme, par exemple, le fait que « cette pièce est beaucoup moins bien rangée que l’autre ». Poursuivant sa visite, elle rencontre avec stupéfaction le Roi et la Reine Rouge ainsi que le Roi et la Reine blanche, ses pions d’échecs, en train de se balader et de bavarder. Mais bientôt, un livre retient son attention : dans celui-ci se trouve un poème, qu’elle déchiffre à grand peine car l’écriture est bien évidemment à l’envers. Mais même une fois déchiffré, le poème reste un grand mystère.

La visite de la maison n’étant point terminée, Alice se dépêche de tout voir avant d’être contrainte de retourner dans son monde. Elle se précipite alors vers le jardin en flottant au-dessus du sol. Une fois dehors, elle vise une colline plus haut qui lui permettrait d’avoir une vue d’ensemble de l’habitat. Résolue, elle avance vers cette butte. Mais inexorablement, le chemin la ramène vers la maison. Impossible d’atteindre les hauteurs. Énervée, elle cherche un peu de compagnie pour la soutenir et se tourne alors vers les fleurs. Quelle surprise n’a-t-elle pas quand les fleurs répondent à ses plaintes ! Curieuse, Alice leur pose mille et une questions. Et c’est ainsi qu’elle apprend par hasard qu’un autre être humain se balade également dans le jardin : il s’agit de la fameuse Reine Rouge, qui a des proportions humaines cette fois. Désireuse de la voir, la jeune fille se met à marcher à reculons pour la rejoindre, car ici, rien ne fonctionne de la même façon que dans le monde réel.

La Reine Rouge est une femme pour qui les manières sont importantes ; ainsi, elle n’aura de cesse de donner des ordres à Alice, en plein milieu de la conversation : « Lève la tête, réponds poliment, et n’agite pas tes mains sans arrêt. », « Fais la révérence pendant que tu réfléchis à ce que tu vas répondre. »

Elles parviennent toutes deux sur la colline et l’enfant peut alors s’apercevoir que le monde dans lequel elle évolue se trouve n’être qu’un immense échiquier. Timidement, Alice demande si elle peut elle aussi devenir une reine. La Reine Rouge lui rétorque alors qu’il n’y a rien de plus simple : il lui suffit de passer huit cases et elle pourra se transformer. La Reine marque alors cinq mètres de terrain et donne les indications suivantes à la jeune fille : à deux mètres, elle lui donnera les instructions pour jouer, à trois mètres, elle les lui répétera, de peur qu’elle n’oublie. Au quatrième mètre elle lui dira au revoir et enfin au cinquième, elle disparaîtra.

Restée seule, Alice contemple le paysage autour d’elle. Elle va alors découvrir avec stupéfaction des créatures étonnantes et grotesques comme l’éléphant-abeille. Mais l’envie de devenir reine est plus forte et, plutôt que de satisfaire sa curiosité, elle décide de sauter directement dans la troisième case.

Soudain, elle se fait contrôler par un conducteur de train qui lui réclame son billet. Ce personnage sorti de nulle part, après l’avoir observée « au moyen d’un télescope, ensuite au moyen d’un microscope, et enfin au moyen d’une lunette de théâtre » s’en va, sans plus rien lui demander. Alice va alors voyager avec toutes sortes de curieux personnages : un homme habillé de papier blanc, un bouc, un scarabée et un moucheron. Ce dernier sera toujours à ses côtés quand elle se retrouvera transportée comme par magie sous un arbre. Ils discuteront alors des différents insectes présents sur Terre et ici : le taon, la mouche-à-chevaux-de-bois, la libellule, la libellule des brûlots, le papillon, etc. Après cette discussion sur les noms d’insectes, le moucheron demande à Alice si elle se souvient encore de son nom à elle. D’abord surprise par cette drôle de question, elle est forcée de constater qu’en effet, elle ne se souvient plus de comment elle s’appelle. Il lui faudra alors suivre un jeune faon jusqu’à la sortie du bois où elle se trouvait pour que la mémoire lui revienne enfin.

Hors du bois, elle se retrouve face à deux poteaux indicateurs mais un seul chemin. Chacun proclame : Vers la maison de Bonnet blanc / Vers de Blanc Bonnet la maison. Poursuivant tranquillement son chemin, elle tombe finalement nez à nez avec deux curieux personnages : chacun le bras au cou de l’autre, leur seule différence réside dans l’écriture sur leur costume. L’un porte le mot Blanc tandis que l’autre le mot Bonnet. Lui revient alors une vieille comptine : « Bonnet Blanc dit que Blanc Bonnet lui avait brisé sa crécelle ; et Bonnet Blanc et Blanc Bonnet dirent : “Vidons cette querelle.” » Puis, revenant à la réalité, elle leur demande de bien vouloir lui indiquer le chemin à suivre. Mais les deux hommes, assez peu commodes, ne l’entendent pas de cette oreille. Ils vont alors s’amuser à titiller la fillette en lui assénant des règles de savoir-vivre. Toujours désireuse de partir, Alice fait une nouvelle tentative pour connaître le chemin mais Bonnet Blanc et Blanc Bonnet se mettent alors en tête de lui réciter un poème, le plus long qu’il connaisse : « Le morse et le Charpentier ». À la fin de la récitation, alors que tous débattent pour savoir qui du charpentier ou du morse est le plus affreux, de terribles bruits se font entendre : ce sont les ronflements du Roi Rouge. Les deux bonshommes expliquent alors à Alice que le Roi est en train de rêver d’eux ; c’est d’ailleurs la seule raison qui fait qu’ils se retrouvent tous ici. Ils ne sont que des projections de rêves, ils ne possèdent aucune réalité. La jeune fille est épouvantée par cette idée, elle veut être réelle, elle se sent réelle. Contrariée, elle décide de reprendre la route au plus vite, mais un nouvel élément vient perturber son départ. En effet, l’histoire de sa comptine est en train de se réaliser : Blanc Bonnet a cassé la crécelle toute neuve de Blanc Bonnet. Celui-ci, hors de lui, réclame un combat. Malgré les tentatives d’Alice pour calmer la dispute, les deux frères ne veulent rien entendre : seule l’arrivé d’un immense et terrifiant corbeau les mettra en fuite et leur fera oublier leur querelle.

À nouveau seule, la jeune enfant attend le départ du corbeau. Avec le souffle créé par ses ailes, il fait s’envoler un châle qui parvient jusqu’à la jeune fille. En bonne enfant, elle cherche des yeux sa propriétaire. C’est alors qu’elle aperçoit la seconde reine, la Reine Blanche. Celle-ci est complètement débraillée, la coiffure de travers. Gentiment, Alice propose à la reine de lui redonner plus fière allure. Les deux femmes se mettent alors à discuter et Alice apprend une nouvelle étrangeté de monde du miroir ; ici, la mémoire va dans les deux sens : mémoire du passé et mémoire du futur. Ainsi, la Reine sait déjà qu’elle va se piquer le doigt avec son épingle et en souffre avant même que cela ne se soit produit. Mais alors qu’elles parlent, la Reine Blanche se transforme soudain en une brebis qui tricote. Située derrière un comptoir, elle tient un petit bazar. Alice, fort étonnée, admire tout autour d’elle. Elle tente à plusieurs reprises d’approcher les objets exposés mais ceux-ci se déplacent dès qu’elle essaie de les regarder de plus près. Retournant auprès de la brebis, celle-ci lui tend deux aiguilles, qui se transforment alors en rames. Et Alice se retrouve à ramer sur un fleuve, dans une barque, toujours accompagné par la brebis. Au bout d’un moment, celle-ci lui propose d’acheter un œuf. Alice, qui a faim, accepte. Elle se retrouve alors de nouveau dans le petit bazar et l’œuf est posé sur une étagère. Alors qu’elle tente de s’en emparer, la boutique se transforme peu à peu en forêt et la voici bientôt face un énorme œuf à tête humaine.

L’œuf se présente alors comme le Gros Coco. Une fois encore, une petite comptine revient en mémoire à la fillette : « Le Gros Coco était assis dessus un mur ; le Gros Coco tomba de haut sur le sol dur ». Gros Coco est persuadé que chaque mot, chaque nom doit avoir un sens, autrement, il ne sert à rien. De plus, quand il emploie un mot, celui-ci veut dire exactement ce qui lui plaît. Cette drôle de philosophie va tout de même lui permettre de donner sens au poème qu’Alice avait découvert lorsqu’elle visitait la maison de l’autre côté du miroir. Ce ne sont finalement que des mots-valises comme « slictueux » qui signifie « souple, actif, onctueux. » Après cette traduction, Gros Coco se sent lui aussi obligé de déclamer quelques vers à la jeune Alice, qui n’en peut plus d’écouter ces vers sans queue ni tête. Après cette longue tirade, Gros Coco s’arrête de parler et la laisse, sans plus de cérémonie. La belle enfant repart alors tranquillement, quand un fracas épouvantable se fait entendre.

Des soldats arrivent de toute part et le Roi Blanc apparaît à ses côtés. Alice apprend alors qu’a lieu un terrible combat entre un lion et une licorne, qui se battent pour savoir qui aura la couronne, bien que celle-ci ne soit pas vraiment mise en jeu puisqu’elle appartient au roi. Le roi, son messager et Alice se rendent alors à un buffet pour y attendre les deux combattants. Ceux-ci arrivent finalement, fatigués mais en bons termes. À la vue de la jeune humaine, leur attention est captivée ; en effet, pour eux, les humains sont des monstres fabuleux, ne vivant que dans les contes pour enfants. Mais une fois la surprise passée, tous décident de se mettre à table et de profiter du gâteau qui a été prévu. Alors qu’Alice tente de comprendre les choses à faire pour couper ce gâteau qui se consolide tout seul une fois tranché, des tambours se font entendre. Apeurée et sonnée par un tel vacarme, la jeune fille tombe à genoux et se bouche les oreilles.

Quand le bruit cesse enfin, la fillette est à nouveau seule. Fatiguée par tant de bizarreries, Alice songe à aller réveiller le Roi Rouge pour tout arrêter. Mais elle est brutalement interrompue dans ses pensées par deux cavaliers, un rouge et un blanc, qui veulent en faire leur prisonnière. Après un drôle de combat, le cavalier blanc l’emporte. Mais, au lieu de l’emprisonner, il se propose de l’accompagner jusqu’à la prochaine case à franchir, celle qui lui permettra de devenir enfin reine. Le cavalier se révèle fort maladroit et ne cesse de tomber de son cheval. Par ailleurs, ce cavalier se révèle être également un inventeur fou. Il est l’auteur d’un fer à cheval pour empêcher les requins de le mordre, d’un système pour maintenir les cheveux en l’air et ainsi les empêcher de tomber, etc. Alors qu’ils marchent, la jeune Alice se perd dans ses pensées et adopte un visage mélancolique. Pour la consoler, le cavalier décide de lui déclamer une chanson. Inquiète, la jeune fille se demande de quelle longueur sera ce texte et s’il sera aussi improbable que les autres. Et dès le titre, elle se sent perdue : le « nom de la chanson » est « Yeux de brochet », le « nom » s’appelle « Le vieillard chargé d’Ans », la « chanson » se nomme « Comment s’y prendre », et l’air de la chanson porte lui-même un nom. La chanson finie, l’homme laisse la jeune fille seule et lui indique le chemin à prendre. En franchissant la dernière case, Alice se retrouve sur une pelouse moelleuse, pleine de fleurs et avec une couronne d’or sur la tête.

À ses côtés, elle retrouve la Reine Rouge et la Reine Blanche. Celles-ci jacassent sur ses manières de s’exprimer, de bouger et de penser puis changent brusquement de sujet. Lasse, Alice n’écoute plus que d’une oreille distraite leurs conversations sans queue ni tête. Fatiguées de tant de mouvements, les deux reines finissent pas s’assoupir sur la pauvre jeune fille. Elle se retrouve alors soudainement debout, entourée de plusieurs portes. Derrière l’une d’elles, une chanson se fait entendre : c’est l’heure du buffet en l’honneur de sa nouvelle fonction. Les Reines sont de nouveau éveillées, en pleine forme et lui reprochent même d’avoir manqué la soupe et le poisson. Alice arrive donc pour le gigot. Mais elle ne mangera jamais de ce plat, pas plus que des suivants car les reines l’obligent à saluer le plat. Or, un plat auquel on s’est présenté ne saurait être mangé.

Vient ensuite l’heure du toast. Là encore, rien ne se fait normalement : les invités renversent le vin sur leur tête et boivent le liquide qui dégouline sur leur visage ; d’autres le renversent sur la table. Enfin, l’heure du discours arrive. Alors qu’Alice prononce les mots « Je me lève pour remercier… », elle et tous ceux qui se trouvent autour se mettent à flotter jusqu’au plafond. La Reine Blanche se métamorphose en gigot et c’est la goutte qui fait déborder le vase. Au bord de la folie, Alice tire la grande nappe de la table et renverse tout, elle se précipite sur la Reine Rouge, qui est redevenue toute petite et l’attrape : « Je vais vous secouer jusqu’à ce que vous vous transformiez en chatte, vous n’y couperez pas ! » lui dit-elle. Et alors, peu à peu « son visage se rapetissa, ses yeux s’agrandirent et devinrent verts » et la reine devint une chatte noire.

Alice se réveille doucement de son drôle de rêve. Mais la fillette n’est pas sûre d’avoir réellement imaginé tout cela. Elle va d’ailleurs poser sa chatte Kitty face à la Reine Rouge et exiger d’elle qu’elle avoue s’être transformée. Puis elle se tourne vers Perce-Neige, sa chatte blanche. Elle voit en elle la Reine Blanche. Par ailleurs, le fait que celle-ci était mal habillée pourrait s’expliquer par l’absence de propreté de Perce-Neige, qui est en train de se faire toiletter tant bien que mal par sa maman. Sans oublier que l’idée du poisson, qui était un thème récurrent des différents poèmes écoutés par Alice, aurait alors une bonne raison d’être. Mais aucun des chats ne laissera deviner quoi que ce soit et jamais ni Alice ni le lecteur ne sauront le fin mot de cette histoire.

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