Des tropes

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Troisième partie : Des autres sens dans lesquels un même mot peut être employé dans le discours

Danscette troisième partie, Dumarsais pose un certain nombre de distinctions desens particulièrement sophistiquées. Il distingue sens déterminé et sensindéterminé, sens actif, passif et neutre, sens absolu et relatif, senscollectif et distributif, sens équivoque et louche, sens composé et divisé,sens littéral et spirituel, sens moral, allégorique et anagogique, sens abstraitet concret, etc. Il s’attarde aussi, entre deux distinctions, sur les formeshumoristiques telles que le jeu de mots et la parodie.

            Dumarsais se demande, pour finir,s’il est possible, après avoir dit tout cela, après avoir montré que danschaque mot se déploie un éventail de sens incroyable, qu’un mot puisse être considérécomme synonyme d’un autre. Dumarsais renvoie à ce sujet au Traité de la justessede la langue française de l’Abbé Girard, et se sert de ses arguments pourexpliquer qu’il n’existe pas de synonyme parfait. Pour eux, s’il existait dessynonymes parfaits, cela signifierait qu’il existât une seconde langue dans lalangue, et par ailleurs que cette seconde langue serait inutile car il n’y apas besoin d’avoir deux mots pour dire une seule chose. La richesse d’unelangue provient selon eux non pas de sa capacité à pouvoir formuler deplusieurs manières la même chose, mais de ce qu’elle permet à ceux quil’utilisent d’exprimer des nuances.

           

            On comprend a posteriori quelle estl’importance d’un ouvrage tel que ce Traité des tropes : il estfrappant de constater qu’au XVIIIème siècle, un certain nombre de grammairiensposaient déjà les bases de la révolutionnaire discipline linguistique, que le SuisseFerdinand de Saussure fondera au début du XXème siècle.

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