Deux ans de vacances

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Résumé

Nous sommes le 9 mars 1860. Une terrible tempête déferle sur le Pacifique, et un schooner – qu’en France on appellerait une goélette – fuit dans la rafale. À bord du Sloughi se trouve un étrange équipage, constitué seulement d’enfants ; les plus âgés ont à peine quatorze ans. Quatre d’entre eux, guidés par le jeune Briant et le mousse Moko, pèsent sur la barre et tentent de diriger le navire. Une île apparaît à l’horizon, protégée par une barre de récifs : le yacht va-t-il être drossé sur les rochers ? Miraculeusement, le Sloughi est porté par dessus les roches acérées, puis une autre vague le soulève et le dépose sur la plage. Le schooner et ses jeunes passagers sont saufs, pour un temps. Comment le navire et son insolite équipage en sont-ils arrivés là ?

Les garçons sont, à l’exception de Moko, élèves de la sélect pension Chairman à Auckland, en Nouvelle-Zélande. Ils sont presque tous sujets britanniques, à l’exception de Briant et de son frère Jacques, qui sont français, et de Gordon, jeune citoyen américain, accompagné de son chien Phann. Ils devaient profiter de quelques jours de vacances et d’une plaisante excursion en mer sur le Sloughi et passaient une dernière nuit à quai avant le départ quand l’amarre qui arrimait le navire au quai s’est détachée, ou l’a été. Malveillance ou négligence ? Mystère. Toujours est-il que le courant a emporté le navire dans la nuit, avec ses petits passagers endormis à bord. Quand ils se sont réveillés, ils dérivaient au large. Évidemment, au jour levé, nombre de navires sont envoyés à la recherche du yacht, mais hélas un incident a fait perdre au Sloughi un morceau de son couronnement. Quand on trouve celui-ci flottant sur les eaux du Pacifique, les autorités en déduisent que le bateau a sombré et que les enfants sont perdus. Les recherches sont abandonnées.

Voici donc ces quinze garçons dont les plus jeunes ont à peine huit ans livrés à eux-mêmes sur une côte inconnue. Bientôt, les caractères trempés des plus âgés s’affrontent : Briant est vif et courageux, mais son influence positive est sans cesse remise en question par Doniphan, âgé lui aussi de quatorze ans. C’est un garçon intelligent et brave dont les grandes qualités sont gâchées par un orgueil détestable. De plus, l’inimitié entre le Français et l’Anglais date de bien longtemps déjà, et la situation dans laquelle ils se trouvent est le terreau idéal pour que se développe une rivalité de mauvais aloi. Toujours est-il que Briant part bientôt à la découverte de cette terre inconnue. Est-ce une île ou un continent ? D’après Briant, il s’agit d’une île, affirmation aussitôt contrée par Doniphan qui affirme qu’il s’agit d’un continent. Une exploration plus poussée fait découvrir aux garçons un lac si vaste qu’ils le prennent d’abord pour l’océan, puis une grotte qui a été visiblement habitée. Ils trouvent bientôt les restes d’un malheureux naufragé nommé François Baudoin, officier sur le navire français Duguay-Trouin, qui a passé de longues années seul en cet endroit. La découverte d’une carte dressée par ses soins indique clairement que les garçons se trouvent sur une île. La mort solitaire du Français porte à croire que l’île se situe loin des routes maritimes. Il faut donc s’installer au mieux et les jeunes gens décident de prendre leurs quartiers dans la grotte qu’ils baptisent French-Den.

Les quinze garçons vont alors installer une véritable colonie sur l’île qu’ils ont baptisée Chairman. Mettant à profit l’éducation rigide mais édifiante qu’ils ont reçue, ils mettent en place une société où la recherche de l’harmonie va de pair avec celle du développement. Les plus habiles au fusil – Doniphan et ses amis – chassent, on pose des pièges, les plus âgés font la classe aux plus petits, on organise la vie quotidienne de façon rationnelle et disciplinée. On désigne même un chef : ce sera Gordon, le plus sage et le plus posé, qui devient pour un an le guide de la petite communauté. Son tempérament et ses avis posés sont souvent nécessaires pour apaiser les tensions grandissantes entre Briant et Doniphan. Au fil des mois et des saisons, les enfants découvrent et exploitent une nature vierge où abondent nourriture, matériaux, et tout ce dont ils ont besoin : il suffit de chercher, de regarder, de réfléchir à la manière d’utiliser ce que l’île Chairman leur offre. Ce n’est pas un pays de cocagne, car les hivers sont très rudes, la température descend bien en dessous de zéro, et c’est au prix d’une discipline de tous les instants que les jeunes gens traversent sans malheur les mois qui se succèdent.

Il n’y a guère que Jacques, le jeune frère de Briant, qui ne se départit pas de sa mélancolie. Alors qu’il était autrefois le boute-en-train de la pension, le voilà qui ne rit plus et cherche toujours à se mettre en avant dès qu’un danger se présente. Un lourd secret pèse sur son cœur, et la vérité finit par se faire jour : voulant faire une farce, c’est lui qui a détaché l’amarre du Sloughi et qui a involontairement précipité ses camarades dans cette dangereuse aventure.

Au bout d’un an, la majorité désigne Briant comme nouveau chef de la communauté. Doniphan ne peut le supporter et quitte la colonie avec trois de ses amis. Et c’est précisément à ce moment qu’une nouvelle tempête se déchaîne. Quand elle s’apaise, une chaloupe est échouée sur une plage de l’île, et de sombres jours s’annoncent. Rescapés du naufrage du Severn dont ils s’étaient emparés, sept criminels menés par l’infâme Walston ont débarqué sur l’île. Avec eux, deux prisonniers : Kate, une Américaine, échappe à ses geôliers qui la croient morte et se voit recueillie par les enfants ; Evans, un honnête marin, a été gardé en vie par les bandits afin qu’il les aide à naviguer. Quand Evans s’évade, il rejoint French-Den et apprend aux enfants que Walston a l’intention de s’emparer de ce qu’ils possèdent et de les tuer tous. Les jeunes gens se préparent à l’assaut ; le combat a lieu et manque tourner mal quand Jacques est enlevé par les forbans. Briant se précipite au secours de son frère, mais un adolescent ne peut lutter contre un adulte aguerri, et Briant va succomber quand Doniphan, revenu parmi ses amis, se jette dans la mêlée et reçoit la balle qui aurait dû frapper Briant. Après un rude combat, les bandits sont tués. Doniphan, grièvement blessé, est soigné par Kate tandis que les garçons réparent la chaloupe du Severn sous la direction d’Evans. En effet, le marin leur a appris où ils se trouvent : l’île Chairman se nomme en réalité l’île Hanovre et se situe non loin des côtes d’Amérique du Sud ; ils peuvent donc rejoindre facilement la civilisation et les hommes. Après quelques réparations, la chaloupe est mise à l’eau et ses passagers disent adieu à leur île. Au bout de peu de temps, un steamer croise leur route, les abrite à son bord et les ramène à Auckland. Nous sommes le 25 février.

Ils reviennent à bon port presque deux ans jours pour jour après le début de leur aventure. Ce sont des enfants qui partirent ce jour-là, mais ce sont presque des hommes qui sont revenus.

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