Devine qui vient tuer?

par

L'humour

Malgré l’aspect un peu sordide de ses histoires, Horowitza mis dans son roman une dose de cet humour qui lui est si cher. L’utilisationde l’ironie semble être son humour favori : il en use régulièrement dansla bouche de Nick envers son frère Tim. Mais le lecteur peut tout de même noterla présence de l’humour absurde, du comique de situation ou du comique deparole.  

 

1. L’ironie

 

Nick plus que tout autre personnage raffole de cethumour ; son frère Tim étant incapable de saisir la portée du second degré,il est très facile de s’en moquer. Chaque phrase lancée pour se moquer estprise au pied de la lettre. L’inspecteur Snape l’emploie aussirégulièrement à son encontre pour mieux s’en moquer : « – Je n’aijamais rencontré un agent comme vous, dit Snape. – Merci chef, répondit Timavec un sourire. » L’humour est d’autant plus saisissant quel’individu visé ne saisit pas que l’on se moque de lui ; sa bêtise estgrandement mise en avant.

 

2. L’absurde

 

On observe dans ce roman quelques dialogues sans queue nitête entre les deux frères. Notamment au début du roman, alors que Nick et Timtentent de retrouver quels ont été les derniers mots de l’homme qui est venules trouver : Jack Mac Guffin. S’ensuit un long débat pour déterminer cequ’a entendu Tim, sachant qu’il ne tente aucunement de construire des phrasescensées à partir des sons qu’il a entendu : « – Bizarre. –Bizarre ? – Non. Bazar. – Bazar c’est tout ? – Non. Faites du bazar. –Faites du bazar ou fête du bazar ? » En outre, l’utilisation desphrases « Faites du bazar » et « Fête du bazar » sontamusantes car si le lecteur perçoit très bien la différence, il est évident quelorsque les deux frères se les disent, ils ne perçoivent aucune nuance, et doncaucune différence de sens entre les deux phrases. Et pourtant, ceux-ci secomprennent sans souci, ce qui relève de l’absurde.

 

3. Comique de situation

 

Moins flagrant que le reste des humours employés, on peuttout de même constater sa présence. Par exemple, alors que l’aîné des frèresDiamant tente de raconter ses mésaventures aux policiers, et notamment àl’inspecteur Snape, celui-ci n’en croyant pas un mot le jette en prison. Timlance alors : « – Je ne crois pas que Snape ait cru mon histoire,remarqua Tim. – Qu’est-ce qui te fait penser ça, Tim ? » Il estévident que sa remarque est déplacée, et cela ne semble pas relever del’ironie. On suppose donc que Tim le pense réellement.

Le moment qui illustre le mieux cet humour se déroule dansla banque canadienne. Tim évoque en tous points les éléments qui pourraientarriver alors que le lecteur sait pertinemment qu’ils vont se produire. Lanonchalance de Tim fait sourire : « – Je pourrais avoir uncomplice à l’extérieur… – Ah oui ? La directrice pivota sur son siègepour regarder par la fenêtre. Et elle me vit. […] « Et je pourraistransporter une bombe », ajouta Tim. Bien entendu, c’est à ce momentprécis que la bombe explosa. »

 

L’humour est donc très présent tout au long du livre pourpermettre au lecteur de ne pas prendre trop au sérieux ce roman où la mort estomniprésente et où s’est installé un climat de suspicion généralisé. 

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