Dom Juan

par

L'humour

L'humour est omniprésent dans la pièce de Molière. Il se présente sous diverses formes : l'ironie, le comique de situation ou encore le comique des gestes.

L'ironie : cet humour est particulièrement utilisé par Sganarelle pour se moquer de son maître de manière discrète. Il peut se traduire aussi bien par des phrases marmonnées que par des discours ou phrases assumées. Par exemple, lorsque Charlotte demande à Dom Juan s'il serait vraiment près à l'épouser, Sganarelle répond ceci : « Non, non, ne craignez point: il se mariera avec vous tant que vous voudrez. ». Cette phrase anodine pour Charlotte ne l'est ni pour le lecteur, ni pour Dom Juan. Cela critique ouvertement l'habitude qu'a Dom Juan de se marier avec chaque jolie fille qu'il croise, sans jamais construire par la suite quelque chose avec. Il est en effet prêt à l'épouser, il n'attend même que ça, puisque c'est la seule chose qu'il fait avec les filles qu'il séduit. Autre moment où l'ironie -on peut même parler de double jeu hypocrite- dont fait preuve Sganarelle est manifeste : quand Mathurine et Charlotte se battent pour savoir laquelle des deux Dom Juan va épouser. Sganarelle tente de les mettre en garde sur le comportement de son maître, mais celui-ci revient trop tôt. Pour parer à ce qu'a déjà entendu son maître, il se défend en prêtant sa parole à un autre : « Monsieur, comme le monde est plein de médisants, je vais au-devant des choses; et je leur disais que, si quelqu’un leur venait dire du mal de vous, elles se gardassent bien de le croire, et ne manquassent pas de lui dire qu’il en aurait menti. ».

Le comique de situation : On en dénombre plusieurs fois à l'intérieur de la pièce et il peut être renforcé par le metteur en scène, mais celui qui attire le plus l'attention du lecteur est le moment où Mathurine et Charlotte se rencontrent devant Dom Juan, et qu'elles exigent qu'il dise laquelle des deux il compte épouser. Il va alors devoir jouer sur deux tableaux, et contre toute attente, il s'en sort. En effet, à chaque phrase de l'une ou de l'autre, il se penche vers la fille adverse pour lui glisser une phrase la rassurant, phrase qu'il répétera aussitôt à l'autre : « Est-ce, Monsieur, que vous lui avez promis de l’épouser? Dom Juan, bas, à Charlotte – Vous vous raillez de moi. Mathurine– Est-il vrai, Monsieur, que vous lui avez donné parole d’être son mari? Dom Juan, bas, à Mathurine – Pouvez-vous avoir cette pensée? […] ». La scène est très comique pour le lecteur qui s'imagine le héros se penchant tour à tour sur chacune des femmes, sans éveiller le moindre soupçon. De plus, il parvient encore par une entourloupe à se sortir de cette situation épineuse.

Le comique de gestes : Ce comique est présenté à travers les didascalies que place l'auteur au cœur de sa pièce. Il est présent dans la scène décrite plus haut lorsque Dom Juan se penche sur Mathurine, puis sur Charlotte à tour de rôle, mais l'endroit où il est le plus décrit, c'est au moment où Dom Juan se bat avec le pauvre Pierrot. Bafoué, Pierrot enrage car sa fiancée, Charlotte, s'est finalement promise à cet étranger. On va donc suivre les mouvements de Dom Juan et de Pierrot, qui sont assez ridicules : Pierrot se cache derrière sa fiancé pour éviter les coups (« Pierrot, repasse de l’autre côté de Charlotte […] Pierrot, se sauve encore derrière Charlotte »). Mais le comique de situation atteint son sommet lorsque Pierrot se baisse pour éviter une claque de Dom Juan, qui atteint finalement le pauvre Sganarelle, placé entre les deux alors qu'il n'a rien demandé : « Dom Juan, crève la train pour donner un Soufflet et à Pierrot, qui baisse la tête et Sganarelle reçoit le soufflet -Ah! Je vous apprendrai. Sganarelle, regardant Pierrot qui s’est baissé pour éviter le soufflet Peste soit du maroufle! ».

Cette pièce de Molière utilise divers moyens pour divertir son spectateur et le faire rire, s'appuyant sur des procédés bien connus de la comédie. Néanmoins, Dom Juan a pu être traité comme un personnage au destin tragique, et sa mort à la fin ajoute une dimension sérieuse à cette comédie.

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