Dom Juan

par

La violence du sentiment amoureux

L'amour prend ici une place considérable : que ce soit pour Dom Juan qui séduit à tour de bras, pour Done Elvire qui s'est abandonné pour lui, ou encore toutes ces autres femmes qui se compromettent pour l'épouser, l'amour est présent, mais pas des manières les plus tendres.

Pour Done Elvire, les sentiments amoureux qu'elle éprouve à l'égard de Dom Juan sont très violents : elle l'aime encore mais elle le hait pour la façon dont il l'a abandonné (« Que ne me jurez-vous que vous êtes toujours dans les mêmes sentiments pour moi, […] que rien n’est capable de vous détacher de moi que la mort? »). Dans son discours, des termes tels que « souffrance des corps », « mort », « brûlez » apparaissent, ce qui montre une forme de passion sauvage pour celui qui l'a laissé. Il apparaît comme difficile de faire la différence entre amour et haine alors que de tels mots sont employés.

Pour Dom Juan, c'est l'amour fidèle qui est lié à la mort (« […] s’ensevelir pour toujours dans une passion, et d’être mort dès sa jeunesse […]», être fidèle s'est s'empêcher d'utiliser ses sens puisque pour ne pas risquer de retomber amoureux, il faut cesser de voir, au risque de croiser de belles femmes, de toucher, de sentir, …

Enfin, Molière nous présente aussi la souffrance que peut amener un amour à sens unique : Charlotte et Pierrot sont promis l'un à l'autre mais Charlotte n'est pas amoureuse. Pierrot lui reproche alors de ne pas faire assez d'effort. Pour lui, c'est douloureux de voir que sa promise n'effectue pas envers lui les gestes que se font habituellement les amoureux (« […] elle est toujours autour de lui à l’agacer, et ne le laisse jamais en repos […] ». La jeune Charlotte, elle, rêve plutôt d'un homme pour la sortir de sa condition et l'arrivée de Dom Juan, qui ne cesse de la courtiser, va très vite lui donner une approche vers ce nouveau venu : « Ne l’acceptez- vous pas, et ne voulez-vous pas consentir à être ma femme? – Oui, pourvu que ma tante te veuille. ». Pierrot va se sentir bafoué devant cette femme qui lui est destiné et qui se jette dans les bras d'un autre. Sa douleur et son indignation vont le pousser à se battre pour récupérer sa belle, peu importe les coups.

Nous pouvons donc constater que le sentiment amoureux n'est pas lié ici à la tendresse et à l'épanouissement mais à une sorte de douleur, de combat. L'amour se révèle comme un sentiment empreint de violence, à l'opposé même de la définition d' « amour ».

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