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Une rhétorique bien particulière

Robert Desnos, adepte de la poésie engagée, sait également comment utiliser les mots, leur phonétique et leur pouvoir rhétorique afin de persuader le lecteur et de donner plus de poids à ses idées. Nous allons donc voir, dans le poème La Voix, la manière dont l’auteur met le vers à son service en le dotant d’un fort aspect évocateur.

Nous pouvons tout d’abord remarquer l’emploi des nombreuses figures rhétoriques, utilisées afin d’amplifier l’intérêt du lecteur et de captiver son attention. Par exemple, dans le premier paragraphe, l’auteur utilise la répétition du terme « la voix », l’évoquant trois fois afin de la faire revenir telle un refrain, et de s’imprégner dans l’esprit du lecteur. A ce groupe nominal il associe le pronom « elle », dont il fait également une utilisation abondante. Ce pronom personnel répété en tout sept fois dans le poème, est employé six fois de manière anaphorique, c’est-à-dire en début de phrase. Cette répétition percutante à l’attaque du vers donne presque une identité au pronom : la voix est ainsi personnifiée, et devient de simple mot porteur d’un corps, une féminine incarnation de la paix et de la liberté.

Nous avons également remarqué précédemment que Desnos identifie la guerre par son aspect sonore et brutal : il reprend donc cette caractéristique en utilisant des allitérations en « r », reprenant cette sonorité de tambour et de fracas. Il utilise également des antithèses en mettant en opposition, par exemple, le mot « tombeau » au début du second paragraphe au mot « allume » à la fin de la même strophe, afin de créer une opposition entre l’obscurité de la guerre et l’espoir contenu dans la perspective de la paix.

Robert Desnos n’utilise pas ces termes de manière fortuite : chaque vers est construit selon une rhétorique particulière destinée à mettre en valeur les idées convoyées.

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