Ethique à Nicomaque

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L’enjeu lié au respect de la vertu

Si Aristote, dans le cheminement de sa pensée, traite tout d’abord de la morale pour ensuite bifurquer sur le thème du bonheur, c’est que ces deux notions sont étroitement liées chez lui. Il établit en effet un lien de cause à effet entre le fait qu’un homme soit moral et agisse en tant que tel, et son accession au bonheur. Agir moralement, c’est donc donner du bonheur à soi-même et aux autres ; ainsi, tout l’intérêt de la réflexion, tout l’enjeu d’Éthique à Nicomaque réside en l’éternelle question de la recherche du bonheur.

La réalisation de la vertu est donc une étape obligatoire pour qui désire être heureux. Cependant, le bonheur ne découlera pas d’un simple acte, il faudra travailler à être vertueux toute sa vie afin de vivre dans un état de bonheur, et non goûter à celui-ci seulement à l’occasion d’actions vertueuses accomplies : « la félicité et le bonheur ne sont pas davantage l’œuvre d’une seule journée, ni d’un bref espace de temps ».

Aristote se pose tout d’abord la question de savoir quelle est précisément la nature du bonheur, car il apparaît comme évident que pour tendre à cette fin, il faut tout d’abord savoir ce que l’on cherche. S’il met en évidence le fait que tous, la foule comme le philosophe, savent affirmer lorsqu’ils sont heureux, la nature même du bonheur diffère totalement selon la personne interrogée. Ainsi, « Les uns, en effet, identifient le bonheur à quelque chose d’apparent et de visible, comme le plaisir, la richesse ou l’honneur ; […] souvent le même homme change d’avis à son sujet : malade, il place le bonheur dans la santé, et pauvre, dans la richesse ; à...

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