Ethique à Nicomaque

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Le bonheur suprême par la méditation

Ainsi, nous avons vu jusqu’ici que si l’homme agit vertueusement, donc avec justice, ce qui signifie dans l’intérêt de la construction d’un bien collectif tendant vers la réalisation du bien souverain, il forge lui-même son propre bonheur. Mais quelle est cette forme de bonheur qui va surpasser toutes les autres – impliquant plaisir et honneur –, qui va élever l’homme au rang d’être bienheureux et maître de ce statut ?

C’est ici que nous en revenons au point que nous avons évoqué précédemment. Pour Aristote, le bonheur suprême est atteint lorsqu’on est en mesure d’accéder au bonheur de la méditation. Celui-ci serait le plus haut degré, le plus digne, celui qui s’éloigne du bonheur recherché par « la foule », le riche cultivé ou l’homme d‘affaires. Cependant, en quoi cette forme de bonheur qui n’apporte ni glorification personnelle, ni contentement des désirs du corps peut-elle être la plus pure, la forme de bonheur suprême ?

Cette forme de bonheur est liée, selon Aristote, à un certain mode de vie qui s’avère être celui des philosophes. Nous avons vu précédemment qu’il associe les deux autres formes de bonheur à celui de la foule ou des classes marchandes et prospères de la cité ; cependant, le bonheur du philosophe s’atteindrait et serait le plus pur en ce qu’il serait basé sur la méditation, sur une « vie contemplative selon la vertu ». Ce bonheur, cette contemplation, s’opère de fait par la raison, ce qui conduira l’homme à agir avec tempérance, modération, sans jamais faire d’excès dans quelque domaine que ce soit.

Ce mode de vie peut donc offrir au sage l’occasion de s’adonner à la méditation, qui lui ouvre la perspective...

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