Fables

par

Le concept de la fable

Nous pouvons nous engager à dire que l’auteur Jean de La Fontaine à travers son recueil de fables, a révolutionné ce genre littéraire. En effet, avant qu’il n’entreprenne l’écriture de ses recueils moralistes, la fable était considérée à l’exemple du conte et du mythe, comme des œuvres culturelles transmises de génération en génération, principalement par la voie scolaire. Aussi au regard du travail établi par les fabulistes grecs comme le célèbre Ésope, ou les fabulistes latins et de la Renaissance tels que Phèdre et Abstemius, la fable a toujours su attirer les écrivains, sans pour autant en faire un genre littéraire de référence.

Par ailleurs, l’esprit culturel se ressent bien dans cette forme d’écriture puisque pour une même fable, soit le déroulement de l’histoire peut être modifié, soit des leçons différentes peuvent être tirées selon le contexte ou l’humeur du narrateur.

Ainsi c’est avec La Fontaine que la fable délaisse son habit de court récit raconté aux enfants pour parfaire leur éducation à travers des exercices scolaires, afin d’être élevé en tant que genre littéraire reconnu comme tout autre au sein de la littérature française.

Pour ce faire, sans dénaturer le principe de la fable, l’auteur met en avant l’univers littéraire en travaillant habilement le fond et la forme du récit, qui peuvent s’avérer dans certaines fables assez complexes ou élargies :

– Une morale est écrite au début ou à la fin de chaque fable, comme c’est le cas dans la fable « le héron » qui se termine par la leçon suivante : « Ne soyons pas si difficiles : Les plus accommodants, ce sont les plus habiles ; On hasarde de perdre en voulant trop gagner ».

– Chaque fable est une histoire courte qui met en scène des personnages, qui sont des animaux anthropomorphes, c’est-à-dire des animaux aux caractéristiques humaines telles que le comportement ou la morphologie. L’exemple de « la cigale et la fourmi », contant l’histoire d’une cigale paresseuse et d’une fourmi travailleuse mais avare, illustre bien cette caractéristique : « La cigale ayant chanté tout l’été […] alla crier famine chez la fourmi sa voisine […] pas prêteuse ».

– Toutes les fables sont écrites sous forme d’un récit de vers, selon les règles de l’art poétique ; preuve que l’auteur cherche à appliquer une dimension littéraire à ces histoires populaires. Nous pouvons le voir par exemple dans « le loup et l’agneau » :

« La raison du plus fort est toujours la meilleure

Nous l’allons montrer tout à l’heure.

Un Agneau se desalteroit,

Dans le courant d’une onde pure.

Un Loup survient à jeun qui cherchoit avanture,

Et que la faim en ces lieux attiroit »

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