Fantasio

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Résumé

Fantasio est une comédie courte de deux actes écrite par Alfred de Musset en 1833 ; elle ne fut représentée qu’en 1866. On y trouve des influences d’Hoffmann, de Marivaux ou de Shakespeare. C’est une pièce pleine de légèreté et de grâce qui met en scène le héros éponyme, un jeune Allemand de Munich, qui vient d’une famille bourgeoise sans être riche. Il est jeune et vif, ce qui ne l’empêche pas de s’ennuyer, et de faire preuve d’un certain cynisme. Il est à la recherche d’une grande idée qui le motiverait et le passionnerait : « Il a le mois de mai sur les joues, le mois de janvier dans le cœur ».

 

Acte I

 

Le roi de Bavière fait l’annonce du mariage de sa fille, la princesse Elsbeth, fiancée au prince de Mantoue. Cependant, le roi, conscient que son futur gendre est un imbécile, craint que sa fille ne soit malheureuse. Il fait part de ses inquiétudes à Rutten qui, plutôt que de le rassurer, le conforte dans son opinion. Le mariage de la princesse et du prince représente un grand événement pour le pays, car la famille royale est aimée du peuple.

Fantasio, lui, passe pour un individu fou, désabusé, mais d’une grande finesse, à la recherche d’une passion qui ferait de lui un grand homme. Fantasio est désœuvré, et trouve une idée folle : remplacer le bouffon du roi, Saint-Jean, qui vient tout juste de mourir – c’est sa seule chance de trouver un travail plaisant et de rembourser ses dettes.

De son côté, le Prince de Mantoue est impatient de rencontrer sa future femme et décide d’envoyer Marinoni, une sorte d’espion, afin de mieux connaître Elsbeth. Le prince a dans l’idée d’entrer incognito dans la ville afin de mieux l’observer, tandis que son espion se fait passer pour le prince.

 

Acte II

 

Elsbeth prend peu à peu conscience de l’enjeu du mariage et n’a plus très envie de se marier avec ce prince, réputé imbécile et en qui elle a peu confiance : « Il est horrible et idiot, tout le monde le sait déjà ici ». De plus, Saint-Jean lui manque : « Ce n’était point un bouffon ordinaire » dit-elle à sa gouvernante. Fantasio, qui le remplace, entend ses complaintes, et tente d’apporter une solution ; il parle à la princesse, lui conseille d’écouter son cœur et de faire passer ses sentiments avant la raison d’État. La princesse se rend compte à cette occasion que son nouveau bouffon n’est pas non plus ordinaire, mais plutôt un homme qui sait parler et penser, et qui lui parle en jolis termes de sa situation, employant au besoin des métaphores.

Peu de temps après, l’espion Marinoni, qui s’est fait passer pour le prince, vient rencontrer la princesse. Le prince de Mantoue, déguisé en soldat, veut tenter de séduire Elsbeth qui, ne lui montrant que peu d’intérêt, le repousse. Fantasio, pendant ce temps, se délecte de son rôle ; proche de la princesse, il peut tout voir sans rien craindre. Il exprime lors d’une scène de monologue la tristesse qu’il ressent pour la princesse qui se sacrifie pour son père en silence.

Le prince pour sa part est énervé contre Marinoni, car ce dernier, censé se faire passer pour le fiancé de la princesse, a trouvé le moyen de se faire traiter d’imposteur devant tout le monde, ce qui retire tout son crédit à son maître – ce qui ne l’empêche pas de vouloir continuer à jouer son rôle, convaincu du bien-fondé de son plan.

Alors que ces péripéties saisissent la cour, le roi s’inquiète de tout ce remue-ménage, qui ne peut ni enchanter sa fille ni favoriser le mariage. Elsbeth ne sait pas ce qu’elle doit faire de Fantasio, entre la confiance qu’elle aimerait lui accorder et la crainte qu’il ne soit un espion : il lui fait un certain effet par son esprit.

Sa gouvernante lui apprend la supercherie du prince et son plan : « Le prince n’est pas le prince, ni l’aide de camp non plus. C’est un vrai conte de fées. »

Fantasio joue une farce au prince : « Au moment où le prince de Mantoue entrait à cheval dans la cour, à la tête de son état-major, sa perruque s’est enlevée dans les airs, et a disparu tout à coup ». Le prince, victime de cette farce, est très remonté et ne peut admettre un tel manque de respect envers lui et son pays ; il exige que l’auteur de cette farce soit condamné à mort. Fantasio est envoyé en prison, ce qui ne l’empêche pas d’être fier de sa farce, ce qu’il exprime par un monologue dans sa cellule.

Le prince va parler de tout cela fou de rage au roi dans son habit d’aide de camp, tandis qu’Elsbeth va chercher Fantasio en prison, croyant qu’il est le prince. Il lui explique la vérité.

Le prince quitte le pays et déclare la guerre au père d’Elsbeth ; il n’est plus question de mariage. Elsbeth propose à Fantasio de rester son bouffon aussi longtemps qu’il le souhaitera ; elle le débarrasse par ailleurs de ses dettes.

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