George Dandin

par

Une tragédie sociale

Bien que l'aspect comique et grotesque soit bien présent dans la pièce, il n'en est pas moins qu'elle traite de sujet sérieux, on parle ici d’une tragédie sociale avec la confrontation entre le tiers-état et la noblesse :

Acte 1, Scène 3: première tirade de George Dandin, ce qui constitue tout une scène. Ici, il met l'accent sur sa condition de paysan, qui le condamne à rester quelque part impuissant face à sa femme, du fait de sa hiérarchie. Il condamne quelque part l'étau qui le tient prisonnier de la « gentillesse ».

Acte 1, Scène 6: George Dandin tente de convaincre M et Mme de Sotenville des infidélités d'Angélique. Il se retrouve seul contre tous, c'est à dire les parents, Angélique et Clitandre, et même Claudine, la servante! C'est une scène tragique où ce personnage devient le menteur et le trompeur, M de Sotenville se montre intransigeant: «Point de raisonnement. Faîtes-lui des excuses que je vous dis». C'est dans cette scène que l'on constate que tous sont ligués contre ce malheureux qui nous fait éprouver une certaine pitié.

Acte 2, Scène 2: discussion entre George Dandin et sa femme Angélique. On constate l'autorité qu'il tente d'imposer à sa femme. On comprend également que le mariage n'a été consenti que du côté du mari. Ainsi Angélique ne se sent redevable en rien. Elle se voit libre de faire ce qu'elle veut et George, de par son rang, ne peut rien y faire.

Acte 2, Scène 8: George Dandin s'apprête à prouver l'infidélité d'Angélique, il appelle les parents de celle-ci mais encore une fois, la situation tourne contre lui. Il passe à nouveau pour un menteur et continue de blâmer Angélique: «Euh! Traîtresse!», «Scélérate!».

Acte 3, Scène 6: la situation paraît encore plus désespérée pour Angélique, elle se retrouve prisonnière dehors, devant la maison, George Dandin tenant une superbe occasion de pouvoir la dénoncer à M et Mme de Sotenville.

Le seul moment où Angélique se trouve réellement en danger, ayant vainement tenté de s'excuser et de se justifier envers son mari, elle prononce ses paroles de menace: «Mon cœur se portera jusqu'aux extrêmes résolutions, et de ce couteau que voici je me tuerai sur la place». La scène tourne au tragique avec le désespoir et la menace de mort qui pèsent sur Angélique.

Acte 3, Scène 7: George s'est fait piéger et est à son tour enfermé dehors. Les parents d'Angélique blâment le comportement de George, allant même à affirmer comme Angélique, qu'il a bu! La déception est totale pour lui qui pour une troisième fois n'arrive pas à prouver les infidélités de sa femme et se retrouve contraint de lui présenter des excuses à genoux, cette scène signe sa défaite face à la noblesse.

Acte 3, Scène 8: la pièce de théâtre se conclue de façon tragique avec les paroles de George Dandin:«…le meilleur parti qu'on puisse prendre, c'est de s'aller jeter dans l'eau la tête la première». Derrière cette phrase, la volonté du paysan de vouloir mettre fin à ses jours, face à son impuissance dans le monde de la noblesse.

George Dandin tente vainement tout au long de la pièce de faire accuser Angélique d'infidélité. Mais il est seul. Tous les personnages sont contre lui. La fin est presque tragique, il envisage un suicide mais on ne sait s’il se réalisera.

Molière nous montre ainsi avec ce côté tragique, que George Dandin n'est pas qu'une simple question d'argent et de mariage, et que l'injustice reste présente à l’égard du personnage principal, son rang de paysan le mettant en position d'infériorité par rapport à sa femme. En même temps, il apparait vain et ridicule, voulant acheter sa noblesse par le mariage, mais n’ayant de noble que le nom, et de mariage qu’un contrat.

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