Histoire d'un voyage fait en la terre du Brésil, autrement dit Amérique

par

Le rapport à la religion

1) Dieu protecteur

Pour Jean de Léry, c'est Dieu qui a assuré la sérénité de son voyage. Et donc en fervent catholique, il le souligne dans son journal comme avec par exemple ce titre de chapitre « De l'extrême famine, tourmentes et autres dangers dont Dieu nous préserva en repassant en France ».

Il se sent redevable envers Dieu de l'avoir protégé. Il faut souligner le fait qu'à l'époque, effectuer un voyage aussi long était très dangereux, sans parler des risques sanitaires. « J'avais donc matière à rendre grâce à Dieu en cette mienne particulière délivrance , et je me sentais aussi, plus que tous les autres, obligé d'avoir soin que la confession de foi […] fût enregistrée… » → on comprend donc que Jean de Léry a un attachement tout particulier au catholicisme et que c'est sa religion qui régit ses faits et gestes, elle est d'ailleurs l'une des principales raisons de son voyage puisqu'il fût envoyé au Brésil par Calvin.

Enfin, Jean de Léry termine son journal par cette phrase « Au Roy des siècles, immortel et invisible, à Dieu, seul sage, soit honneur et gloire éternellement. Amen » ce qui accentue l'importance de la religion pour lui.

Néanmoins, il ne faut pas oublier que Léry est réformé, on pourrait dire protestant aujourd'hui, c'est à dire qu'il refuse le culte de la vierge, le commerce des indulgences … Cela se ressent dans son journal, puisqu'il prie en s'adressant directement à Dieu et lorsqu'il explique la religion aux indiens il met l'accent sur l'aspect protecteur de Dieu mais n'aborde jamais les divergences qui l'opposent à la majorité des Européens.

Enfin, tous ne sont pas comme lui, nous allons donc nous intéresser à Nicolas de Villegagnon.

2) Villegagnon

Villegagnon a obtenu de quoi aller au Brésil. Il prétend vouloir évangéliser les indiens, et faire du Brésil une sorte de nouvelle France. Mais ces méthodes sont peu catholiques, ni même réformistes. Ayant pourtant fait son éducation auprès de Calvin, on a l'impression que sa foi diminue de jours en jours et qu'il oublie ses principes religieux, assoiffé par le pouvoir.

Par exemple, il organise des mariages entre des domestiques et des jeunes indiennes. Il s'agit de mariages forcés, au gré de ses envies sans même que les deux mariés se soient rencontrés une seule fois. De plus, les deux mariés ne parlent pas la même langue, ils sont donc dans l'impossibilité de communiquer. Et comme Léry le souligne, Villegagnon ne respecte pas les traditions indiennes : « Beaucoup de sauvages, qui nous étaient venus voir, furent plus étonnés de voir des femmes vêtues (car auparavant ils n'en n'avaient jamais vu) qu'ils ne furent ébahis des cérémonies ecclésiastiques. »

Villegagnon devient attiré par le pouvoir et cela rend ses raisonnements religieux incohérents. Il était, avant le voyage en total accord avec Calvin mais il déclara un jour que son opinion avait changé et que c'était maintenant « un méchant hérétique dévoyé de la foi ».

Enfin, il fait preuve d'une grande violence à l'encontre d'un autre français La Roche, menuisier sans que l'on sache la raison d'un tel acharnement « Il le fit donc coucher tout à plat contre terre, et un de ses satellites le battit à grands coups de bâton sur le ventre, au point qu'il en perdait presque le vent et l'haleine, ensuite, quand le pauvre homme fut ainsi meurtrit d'un côté, cet inhumain disait « Corps Saint Jacques, paillard, tourne-toi sur l'autre. » » Il réfute ici les principes religieux qui prônent notamment l'amour pour son prochain, la tolérance et le pardon.

On comprend donc, suite à cette attitude pourquoi Jean de Léry s’élève contre les Évangélistes. Il quitta d'ailleurs, avec une bonne partie de l'équipage l’île où Villegagnon s'était installé. A son retour en France, Léry apprit que Villegagnon avait décidé « de se contrefaire de la religion. »

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