Histoire d'un voyage fait en la terre du Brésil, autrement dit Amérique

par

Une description précise

1) Le voyage en mer

Le voyage débute en 1556 au départ d’Honfleur. Et tout le long de ce voyage, Jean de Léry ne cesse de décrire tout ce qu'il voit dans son journal de bord. Il y consigne aussi le temps qu'il fait, et les coordonnées géographiques de l'endroit où il se situe. Ainsi on pourrait faire une carte retraçant tout son périple.

Exemple : « Le 13e jour du dit mois de février, le temps était beau et clair. Nos pilotes et maîtres des navires prirent la hauteur à l'astrolabe et nous assurèrent que nous avions le soleil tout droit au zénith et en la zone si droite et si directe au-dessus de la tête qu'il était impossible de l'avoir plus. »

Le voyage commença en novembre 1556, et bien que l'équipage ait fait escale sur quelques îles, l’expédition n’atteignit le Brésil qu'en 1557. Ainsi, le voyage en mer aura duré presque un an. Afin de survivre, les marins vivent essentiellement de la pêche et Jean de Léry nous en fait une description précise : « Le marsouin, en se débattant et s'enferrant de plus en plus, perd son sang dans l'eau. Quand il s'est un peu affaibli, les autres mariniers, pour aider leur compagnon, viennent avec un crocher de fer […] et à force de bras le tirent ainsi à bord. »

Au fil des pages, Jean de Léry nous décrit toutes sortes d'espèces marines : dauphins, requins, baleines, tortues de mer … Il ajoute aussi un commentaire sur le goût de ces animaux, les marsouins ont le même goût que les porcs (surtout le foie) tandis que les tortues de mer lardées et rôties sont similaires à de la viande de veau.

2) Les Indiens

Jean de Léry a vécu presque un an aux côtés des Indiens Tououpinambaoult. Il connaît donc très bien leur mode de vie et leurs coutumes. Il a aussi appris leur langue puisqu'on retrouve dans le journal de bord tout un lexique et l’ensemble des règles grammaticales du langage sauvage.

Il décrit aussi longuement la nourriture des indigènes. Néanmoins, il faut penser qu'au XVIe siècle, la nourriture est un élément primordial et pas accessible à tous. Les Indiens utilisent des farines pour faire de la bouillie mais aussi une sorte de pain. Ils consomment aussi des poissons, des fruits et des viandes (serpents, guenons, oiseaux …) qui sont inconnues en Europe. On remarque que Léry cherche à comparer ces saveurs nouvelles avec celles qu'il connaît déjà : la racine d'Aypi cuite est « comme une châtaigne rôtie à la braise (dont elle a aussi presque le goût) ».

Néanmoins, Jean de Léry met aussi l'accent sur la « politique » et les guerres entre les indiens. Leur système est bien différent des européens « Ils n'ont pas entre eux de rois ni de princes et par conséquent, ils sont presque aussi grands seigneurs les uns que les autres ; la nature leur a néanmoins appris […] que les vieillards […] doivent être respectés. » On remarque aussi que le dialogue entre les peuples est très important, les vieillards cherchent un accord parfois pendant plus de six heures, et si aucun compromis n'est fait, alors la guerre est déclarée.

Jean de Léry décrit très précisément le mode de vie des indiens et il est impossible de tout résumer ici, néanmoins on remarque qu'il a pour ces indiens une sorte de respect profond mêlé à de la peur. Enfin, ses propos sont influencés par la religion et c'est ce que nous allons voir à présent.

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