Histoires comme ça

par

Des contes étiologiques

Rudyard Kipling semble très intéressé par les questions scientifiques puisque tous ses contes se concentrent sur le pourquoi et le comment les choses sont arrivées. C'est ainsi qu'il traite les questions de la naissance de l'alphabet, pourquoi les animaux sont comme ils sont (la bosse du chameau, les tâches du léopard, …), et encore bien d'autres thèmes.

Cependant, malgré son amour apparent de la science, ses explications sont plutôt farfelues : si la baleine ne mange que des planctons, c'est parce qu'un homme a fermé son gosier à l'aide de bretelles, si le chameau a une bosse, c'est à cause d'un génie qui voulait le punir de sa fainéantise et l'obliger à « bosser », et bien d'autres idées encore. Kipling propose donc des explications qui n'en sont pas, afin d'amener le lecteur à réfléchir sur la création du monde et sur ses évolutions. Son but n'est pas de répondre mais de pousser à s'interroger.

Cependant, l'auteur ajoute dans chacune de ses idées loufoques, une part de vérité sur ce qui est ou ce qui a été. Par exemple, dans le conte « Comment naquit la première lettre », l'auteur fait dire à l'un de ses personnages : « C'est tout de même une grande invention et un jour les hommes appelleront ça l'écriture. Pour l'instant ce ne sont que des dessins et comme nous avons pu le constater aujourd'hui, les dessins ne sont pas toujours bien compris. Mais un jour viendra, ô enfant de Tegumai, où nous ferons des lettres (vingt-six en tout) et où nous saurons lire et écrire. ». Il aborde donc l'invention future de l'écriture et comment l'homme y est parvenu, notamment en abordant les prémices de l'écrit via les dessins. L'auteur parle également du phénomène de la marée, où il accuse ici un crabe de ne pas vouloir obéir à l'homme et donc de l'embêter en mouillant sa maison et en déposant de la boue partout. Derrière cette petite histoire, il y a une véritable interrogation sur les phénomènes de la nature que l'on ne s'explique pas encore vraiment : « Depuis ce jour jusqu'aujourd'hui, la Lune a toujours tiré la Mer en haut et en bas pour faire ce que nous appelons les marées. Parfois, le Pêcheur de la Mer tire un peu trop fort et alors nous avons des marées de printemps ; et parfois il tire un peu trop doucement et nous avons ce qu'on appelle des mortes-eaux […] ».

L'auteur éprouve donc le besoin de s'interroger et d'interroger le lecteur sur les faits de la nature, et il apporte aux enfants un semblant d'explications, plus poétiques et moins compliqués que la réalité.

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