J'aurais préféré vivre

par

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Thierry Cohen

Parcours professionnel, premiers
pas dans la littérature et style

 

Thierry Cohen est né dans les années 1960 à
Casablanca, au Maroc, mais sa famille s’installe ensuite rapidement à Villeurbanne, près de Lyon, où il
grandit. Il étudie la psychologie,
la sociologie et la communication avant d’intégrer une
agence de communication. Il devient ensuite concepteur-rédacteur dans
l’audiovisuel puis dirige le service communication d’une entreprise à Lyon où
il établit sa résidence. Il y crée ensuite avec son frère, dans le centre
ancien, une agence de communication.

Il s’est d’abord fait la main avec l’écriture de
nouvelles non publiées avant de s’essayer à un premier roman en 2004, qu’il
termine en 2006. Parmi les influences majeures qu’il cite figure Belle du Seigneur d’Albert Cohen. Les
six romans qu’il publie paraissent cependant grandement influencés par ceux d’autres auteurs à succès français, tels Guillaume Musso et Marc Levy, qui ont connu d’importants succès de librairie dans les
années 2000. Les récits de Thierry Cohen reposent en effet sur des personnages sensibles, fragiles, en butte à des questions existentielles, et exploitent
la tension que suscite la mise en scène de drames
familiaux
. Le style simple, les adresses aux émotions du lecteur visent
un public large et populaire, plutôt en quête de lectures divertissantes et mettant en
scène des problématiques familières.

 

Ses œuvres

 

2008 : J’aurais préféré vivre, le premier roman de Thierry Cohen, lui
a été inspiré par le suicide d’un ami. L’auteur imagine qu’un homme, le jour de
ses vingt ans, se suicide pour avoir été rejeté par la femme qu’il aime,
Victoria. Un an plus tard, jour pour jour, il se réveille ; Victoria est à
ses côtés, étrangement éprise de lui. C’est le début pour Jérémy de nombreux
autres réveils au fil desquels il se rend compte qu’il ne contrôle plus sa
vie ; il ne se souvient d’ailleurs de rien de ce qui s’est passé entre
deux d’entre eux, et ne fait que subir l’évolution de ses liens aux autres, qui
l’informent sur ce qu’il est devenu, contre son gré lui semble-t-il. L’acte de
se suicider est présenté comme un choix à méditer plus longuement, qui peut
paraître égoïste, et l’œuvre invite ainsi à se contenter de ce que l’on a, de
ce sur quoi on a du pouvoir.

Dès ce premier roman, Thierry Cohen et son
écriture simple et sensible s’inscrivent donc dans la veine d’autres auteurs à
succès comme Guillaume Musso ou Marc Levy, en mêlant une dimension fantastique à son récit, ou encore Didier van Cauwelaert.
Ce premier essai remporte le Grand Prix Jean d’Ormesson et se voit traduit en
huit langues.

2009 : Avec le roman Je le ferai pour toi, Thierry Cohen
continue d’exploiter comme matière romanesque les évènements dramatiques
pouvant marquer une famille. Cette fois, il met en scène Daniel, un homme ayant
perdu son fils dans un attentat
terroriste se repliant sur lui-même et ne trouvant de réconfort que dans un plan de vengeance. En parallèle, le
lecteur suit l’histoire d’un SDF mystérieusement enlevé par deux hommes, d’un
fils tentant de sauver son père de la déchéance, d’une bande copains d’enfance,
assez mauvais garçons, qui illustrent le sens de l’amitié en se démenant pour
l’un d’eux. Le roman est bâti comme un thriller
plein d’émotions
, et dont le sens n’émerge vraiment qu’à la toute fin, au
gré de la fusion de deux histoires. À nouveau une certaine dose de fantastique imprègne l’histoire lorsque
Daniel entretient des discussions avec son fils décédé.

2011 : Longtemps, j’ai rêvé d’elle est un roman qui semble raconter sa
propre histoire, déclencher une mise en
abyme
. En effet, elle raconte l’histoire
d’un auteur et de sa lectrice
, Lior, une femme grandement échaudée par les
hommes, et qui s’est parfaitement reconnue dans ce roman que Jonas, son
libraire, a écrit sous le pseudonyme de Raphaël. Le roman de Thierry Cohen raconte
le rapprochement de deux solitudes, de deux âmes qui cherchent à retrouver
confiance en soi et en l’autre. Il est aussi conçu comme une ode aux livres, à leur pouvoir. La
veine Levy-Musso est toujours très palpable ici.

2012 : Avec le roman Si tu existes ailleurs, Thierry
Cohen veut proposer une sorte de conte
philosophique
en racontant l’histoire de Noam Beaumont, un homme pétri de culpabilité après avoir
involontairement causé, petit, la mort de sa mère. Après cela, son père a
sombré dans l’alcool, sa famille s’est déchirée, et quand une petite fille lui
lance une étrange prophétie sur sa mort prochaine, « en même temps
que cinq autres personnes », il se lance en quête de celles-ci et démarre
alors pour lui une réflexion sur la mort
et ce qui constitue l’essentiel de la vie. Intervient également un psychologue
aux méthodes singulières qui explique à Noam la prophétie des
innocents selon laquelle les enfants et les handicapés mentaux peuvent en
effet être les auteurs de paroles oraculaires.

2013 : Le roman Si un jour la vie t’arrache à moi vise à nouveau les émotions
du lecteur. Gabriel est un autre de ces personnages qui ne croyait plus à
l’amour, mais qui retrouve la foi en rencontrant Clara, issue d’une famille
modeste, à l’opposé de son milieu. Tout semble s’opposer à leur union, la famille
de Gabriel y compris, mais la passion est plus forte, jusqu’à la survenue d’un accident de voiture. Dès lors, un
compte à rebours terrible se déclenche : Gabriel, dans un état de mort
clinique, doit pourtant trouver le moyen de sauver la femme qu’il aime en
l’empêchant de mettre fin à ses jours.

2014 : Je n’étais qu’un fou suit les recettes des romans précédents de
Thierry Cohen : un brin de surnaturel,
une prophétie, une quête effrénée. Cette fois, c’est le célèbre écrivain Samuel Sanderson, un
homme désinvolte profitant sans vergogne de sa notoriété auprès de ses lectrices, qui reçoit un mystérieux message
sur FaceBook, prétendument de son double dans vingt ans, lui annonçant des
drames à venir. Dès lors l’écrivain entame un parcours fait de recherches, de prises de conscience et de doutes sur son mode de vie. Le roman
s’attarde  notamment sur les pressions médiatiques et commerciales
qui peuvent accabler les personnalités publiques.

 

 

« Souvent les gens confondent le désir et l’amour. Ils se sont
fourvoyés dans des histoires inutiles, ont dilué leur identité, leurs valeurs
dans de stupides aventures ou dans des idées trompeuses. Ils se sont perdus et,
par là même, ont corrompu cette capacité d’entendre leur âme, de distinguer
l’image de leur double. Dès lors, ils se trompent de vie, de route et de
personne. »

 

Thierry Cohen, Longtemps, j’ai rêvé d’elle, 2011

 

« Des êtres sont nés le
même jour que vous, ont poussé leur premier cri à l’unisson du vôtre. D’autres
cesseront de respirer à la seconde où vous quitterez ce monde. Peut-être que la
vie vous amènera à rencontrer les uns ou les autres. Peut-être que non.
Partagez-vous la même âme que certains d’entre eux ? Qu’importe. Nous avons une
vie à mener sans attendre la mort et sans la redouter. Pour ma part, je n’en ai
pas peur car j’ai aimé ma vie. J’ai aimé et transmis, me suis construite et ai
aidé les autres à en faire de même. J’accepte son issue. En fait, je crois que
personne n’a réellement peur de la mort. Nous avons seulement peur de ne pas
avoir le temps de nous habituer à l’idée de mourir faute d’avoir compris ce que
vivre signifie. »

 

Thierry Cohen, Si tu existes ailleurs, 2012

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