L'Avare

par

Les amours contrariés

Elise est amoureuse de Valère, mais ne peut s’unir à lui car Harpagon refuse de payer la dot et les frais de mariage. Cléante est amoureux de Mariane, mais ne peut l’épouser car non seulement elle est pauvre, mais son avare de père la convoite aussi. L’avarice d’Harpagon empoisonne donc le bonheur de ses propres enfants, pour qui il semble n’avoir point de considération. Cette ladrerie, bien que majoritairement présentée sur le plan financier (où Harpagon déclare qu’il n’enverra Elise en mariage que si cela se passe sans dot), se répercute également sur le plan sentimental. Pour Harpagon, ses sentiments passent avant ceux de son fils Cléante (ou d’ailleurs toute autre personne). Il maintient son désir d’épouser Mariane (beaucoup plus jeune que lui) même après avoir découvert son engagement secret à Cléante. Pire encore, Harpagon n’est pas amoureux de Mariane – contrairement à Cléante – mais désire simplement une compagnie conjugale pour combler la solitude qui s’est longuement installée après la mort de sa femme.

Les amours contrariés ici sont donc les amours de Cléante pour Mariane et d’Elise pour Valère. Tout au long de l’œuvre, nous voyons que l’avarice d’Harpagon empêche ses enfants d’être aux côtés de ceux qu’ils aiment. Harpagon veut envoyer sa fille en mariage avec des dépenses minimales, et comme il le précise « sans dot ». Contrarié, le valet Valère se permet de répliquer : « Sans dot ! Le moyen de résister à une raison comme celle-là ? » Acte I, scène V. Comme alternative, il n’hésiterait même pas à offrir – gratuitement – la main d’Elise à un vieillard hideux de la...

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Dissertation à propos de L'Avare