L’étrange défaite

par

Les facteurs endogènes de la société française de l’époque

L’examen de conscience se poursuit dans l’œuvre car l’auteur souhaite faire comprendre au lecteur que son but n’est pas de fustiger ou de dénigrer les dirigeants - car il aime son pays - mais plutôt d’analyser objectivement les raisons de cette débâcle : « Certes, je n’aborde pas, de gaîté de cœur, cette partie de ma tâche. Français, je vais être contraint, parlant de mon pays, de ne pas en parler qu’en bien ; il est dur de devoir découvrir les faiblesses d’une mère douloureuse. ». Il remet en cause les fondements de la société française et appelle à une refonte idéologique de la cité. Bloch souligne le manque de patriotisme des Français. En effet, plutôt que de se regrouper tel un seul homme derrière l’Etat, les Français étaient centrés sur des rivalités et querelles politiques stériles, voire des intérêts individuels parfois flous voire inadéquats. Ce manque d’unité est bel et bien présent dans l’armée : « Sur l’autre volet du diptyque, comment résisterais-je au plaisir d’évoquer la longue et blonde silhouette du cher capitaine d’artillerie qui, aux heures troubles d’Attiches et de Steenwerck, exerça, à l’échelon avancé, le commandement de notre bureau ? […] Il n’avait pas l’esprit très prompt et, cavalier passionné, se vantait volontiers de détester le travail intellectuel. Sa franchise à soutenir, fût-ce contre ses supérieurs, les opinions qu’il croyait vraies, forçait l’estime ; mais son humeur contredisante agaçait. […] Ses préjugés politiques, sociaux (car il était de haute bourgeoisie) et, j’imagine, raciaux s’écartaient, autant qu’il est possible, de ma...

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Dissertation à propos de L’étrange défaite