L'Être et le Néant

par

Autrui

Le thèmede l’autre est prédominant dans L’Être etle Néant. La définition que Sartre en propose lui a longtemps valu d’êtreconsidéré comme un individu antisocial. Toutefois, bien que l’auteur considèreque « l’autre est infernal »,il ne nie pas le fait qu’autrui est nécessaire à l’être.

Lesinteractions entre êtres pourvus de conscience est un thème majeur de l’œuvrede Sartre. Cette interaction est décrite comme nécessitant l’utilisation deconcepts tels que le regard et autrui. Sartre ne remet pas en question lanature aliénante du regard des autres, regard qui ne se limite pas à la vuemais qui s’étend aux autres sens. Somme toute, autrui fait de nous des êtrespour-autrui. C’est en fonction des autres que nous existons à partir du momentoù nous devenons sensibles au regard qu’ils portent sur nous : « La liberté de l’amant, dans soneffort même pour se faire aimer comme objet par l’autre, s’aliène en se coulantdans le corps-pour-l’autre, c’est-à-dire se produit à l’existence avec unedimension de fuite vers l’autre ; elle est perpétuel refus de se poser commepure ipséité, car cette affirmation de soi comme soi-même entraîneraitl’effondrement d’autrui comme regard et le surgissement de l’autre-objet ».

Le faitque nous prenions conscience d’être observés a pour conséquence de nous priverde notre conscience et de notre liberté inhérente, mais également dereconnaître ces mêmes qualités chez notre observateur. Nous sommes définis etenfermés dans la perception que les autres ont de nous. En conséquence, nousconsidérons inconsciemment cet autre, cet observateur comme un être pour-soiqui nous est supérieur, même si le regard qui est porté sur nous estdéshumanisant. De fait, nous tentons d’inverser la situation en réifiant celuiqui nous réifie par son regard. L’assertion de la liberté et de latranscendance de l’un tend à réprimer ces mêmes entités chez l’autre.

L’esclavageracial et le comportement des hommes envers les femmes dans les sociétéspatriarcales sont des exemples de la répression de l’être pour-soi par autrui.

« C’est dans et par sa transcendance qu’il se disposecomme un être à transcender ; et plus il tentera de goûter sonobjectivité, plus il sera submergé par la conscience de sa subjectivité,jusqu’à l’angoisse. En particulier le masochiste qui paye une femme pour qu’ellele fouette, la traite en instrument et, de ce fait, se pose en transcendancepar rapport à elle. Ainsi le masochiste finit par traiter l’autre en objet etpar le transcender vers sa propre objectivité. »

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