L'Être et le Néant

par

L’en-soi, le pour-soi et le non-être

Ladéfinition des phénomènes chez Jean-Paul Sartre passe par la définition de plusieursespèces d’être. L’être en-soi tel que défini par Sartre est un inconscient, immuableet inchangée. L’être en-soi n’est jamais que ce qu’il est. Il est incapable dedevenir, de changer, de se modifier. L’être en-soi est ce qu’il est, uneconstruction achevée pour ainsi dire. Il n’enveloppe aucune négation, en cesens que, par lui-même, l’être en-soi ne saurait même pas ne pas être ce qu’iln’est pas.

« L’être-en-soi n’a point de dedans qui s’opposerait àun dehors et qui serait analogue à un jugement, à une loi, à une conscience desoi. L’en-soi n’a pas de secret : il est massif. En un sens, on peut ledésigner comme une synthèse. Mais c’est la plus indissoluble de toutes : lasynthèse de soi avec soi. »

Paropposition, l’être pour-soi est le propre des hommes. Il représente lesconsciences qui s’appréhendent elles-mêmes comme étant inachevées. L’être poursoi est fait de vide, il a besoin de changer, de passer par des devenirs et desmutations pour devenir ce qu’il pourrait être. L’être pour-soi est enconstruction perpétuelle. L’homme en tant qu’être pour-soi n’est jamaisidentique à ce qu’il est. La nature humaine est donc de se construire ; pourSartre, « Être, c’est ne pas être ce quel’on est » – il faut ici comprendre le changement continu qui opère enchaque être. Autrement dit, au moment où je pense ce que je suis, je ne le suisdéjà plus. Ainsi, l’essence d’un être ne sera identifiable qu’à sa mort.

De fait,la perception du pour-soi est ancrée dans le temps. Cette temporalité qui prenden compte le passé, le présent et le futur enferme le pour-soi dans sa quête duchangement. Le passé étant un état qui ne peut être choisi parce qu’il est déjàimmuable, le présent étant une perpétuelle projection sur l’avenir et le futurétant un ensemble de possibilités et de liberté pour le pour-soi.

Plusencore, Sartre introduit dans son œuvre la notion de non-être. Le non-être oula négation est, selon Sartre, une entité qui trouve son origine dansl’interrogation. Et l’interrogation métaphysique de savoir ce que nous sommesaboutit sur le constat que nous sommes environnés de néant. Le non-être n’estpas l’opposé de l’être, c’est une notion contradictoire. Le non-être tel quedéfini par Sartre est une négation de l’existence, elle découle d’unecomparaison exercée par l’observateur qui doit par un processus de pensée nierl’existence :

« Et c’est encore le non-être qui va circonscrire laréponse : ce que l’être sera s’enlèvera nécessairement sur le fond de cequ’il n’est pas. Quelle que soit cette réponse, elle pourra se formuler ainsi :”L’être est cela et, en dehors de cela, rien”. »

Onretrouve dans le langage des évidences de ce néant qui hante l’existence – le « rien »,le « personne », le « jamais ». La préexistence de l’êtreau néant y est bien déterminée, car ces exemples de néant qui nous sont familierssupposent une spécification préalable de l’être.

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