L'Être et le Néant

par

La notion de liberté

L’hommeexiste dans un monde où il est entouré d’êtres en-soi et d’autres êtrespour-soi, et tous ces éléments représentent pour lui des obstacles. Toutefois,s’ils sont perçus comme des obstacles, c’est parce que contrairement aux êtresen-soi, nous sommes appelés à changer, à nous construire et c’est justementparce que notre voie n’est pas tracée que nous sommes libres. La liberté, notrefaculté de choisir la façon dont nous laissons notre empreinte sur le monde estl’élément qui nous met en présence des obstacles de notre existence.

L’hommeest libre lorsqu’il choisit, lorsqu’il assume la responsabilité de ses choix etlorsqu’il se montre tel qu’il est. Nous sommes des créatures dont les choixgouvernent le projet de devenir des êtres en-soi, des existences qui sesuffisent à elles-mêmes. Ce projet apparaît comme irréalisable dans les écritsde Sartre, mais le fait est que notre liberté s’exprime dans cette recherche del’accomplissement. Dans un monde où nous naissons avec une place, où laréaffirmation de notre passé tend à influencer notre avenir, où nous devonsprendre en considération les entours imprévisibles et où nous parviendrons tôtou tard à la mort, nous sommes libres à tout moment.

« Ainsi, la liberté n’est pas un être : elle est l’êtrede l’homme, c’est-à-dire son néant d’être. Si l’on concevait d’abord l’hommecomme un plein, il serait absurde de chercher en lui, par après, des moments oudes régions psychiques où il serait libre : autant chercher du vide dansun récipient qu’on a préalablement rempli jusqu’aux bords. L’homme ne sauraitêtre tantôt libre et tantôt esclave : il est tout entier et toujours libre ouil n’est pas. »

Noussommes donc libres d’accepter la place qui nous revient à la naissance ou d’enrevendiquer une autre par les transformations auxquelles nous sommes libres denous soumettre. Libres de nous laisser influencer par notre passé ou de s’enaffranchir. Libres par l’influence que nous avons sur les éléments qui nousentourent. Libres d’accepter ou de refuser le regard qu’autrui porte sur nous.Et enfin, libres même en face de l’inéluctabilité de la mort, par les projetsque nous menons et qui nous font échapper à la mort.

Lanotion de liberté chez Sartre prend l’aspect d’une variante imprévisible. Mêmesi l’homme est un être pour-soi dont la quête perpétuelle est de devenir unêtre en-soi, même si le regard d’autrui nous chosifie, nous avons la libertéd’accepter ou non les situations dans lesquelles nous nous trouvons. Toutefois,l’homme peut tenter de se départir de sa liberté. En refusant de choisir, oud’assumer la responsabilité de ses choix, l’homme fait preuve de mauvaise foi.Or, se priver de sa faculté de choisir et de sa responsabilité c’est se priverdes deux grandes caractéristiques de l’homme. Le philosophe prend l’exemple del’ouvrier ou du travailleur qui, lorsqu’il se fige dans sa fonction, tend às’exclure de ses choix et de ses responsabilités.

« En outre, la liberté est liberté de choisir, mais nonla liberté de ne pas choisir. Ne pas choisir, en effet, c’est choisir de ne paschoisir. II en résulte que le choix est fondement de l’être-choisi, mais nonpas fondement du choisir. D’où l’absurdité (§ 7) de la liberté. Là encore, ellenous renvoie à un donné, qui n’est autre que la facticité même du pour-soi. »

 

 

L’Être et le Néant aborde donc de nombreux sujets dela philosophie sartrienne et en pose les fondements. Les sujets étudiés danscette œuvre sont les sujets de prédilection de Jean-Paul Sartre ; ilpubliera à la suite de cet essai de nombreux ouvrages (essais et romans) plusspécifiques à chacun de ces sujets.

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