L'Être et le Néant

par

L'existentialisme

   L’existentialisme est une pensée majeure deSartre. Il rend explicite sa pensée sur ce sujet dans L’Être et le Néant. Sartre fait une distinction entre le faitd’« être » et le fait d’ « exister ». Pour être, ilfaut d’abord exister, et on pourrait résumer la philosophie de l’auteur en cestermes « L’existence précèdel’essence ». L’essence, ici, c’est le sens de l’objet, mais ce sens del’objet ne peut exister sans conscience de celui-ci. Il ne peut pas y avoird’essence sans conscience de l’essence pour l’appréhender. Sartre emprunte icila « nécessité de fait » de Husserl. La conscience quant à ellereprésente un vide absolu en dehors duquel se situe l’entièreté de l’univers.De ce point de vue, « La conscience n’a rien de substantiel, c’est une pure”apparence”, en ce sens qu’elle n’existe que dans la mesure où elles’apparaît », où elle prend conscience d’elle-même. À partir de ce moment,et vu qu’elle ne peut exister que lorsqu’elle s’appréhende elle-même, laconscience ne saurait avoir une quelconque essence avant d’exister.

« Cela veut dire aussi que le type d’être de la conscienceest à l’inverse de celui que nous révèle la preuve ontologique : comme laconscience n’est pas possible avant d’être, mais que son être est la source etla condition de toute possibilité, c’est son existence qui implique son essence. »

Laconscience est toujours, d’après Sartre, dirigée vers un objet. À ce titre,c’est la conscience qui permet à l’homme d’appréhender son monde et de luidonner un sens. Sans conscience, il n’y aurait point de tables, d’arbres, ou unquelconque autre objet, il n’y aurait qu’une existence non différenciée enraison de l’absence de conscience venue la cerner. Ainsi, Sartre s’oppose-t-ilà la perception des phénomènes de Kant. La chose perçue doit être différenciéede la perception qu’on a de la chose. Alors que Kant affirme qu’il existeautant de choses que de perceptions différentes qu’il existe de la chose,Sartre nie cette assimilation de la chose aux perceptions qui en sont faites.Il déclare que les perceptions nombreuses ne sont pas la chose qui est perçue,mais tout au plus qu’elles sont relatives à la chose. La chose, l’objet enlui-même existe avant qu’on puisse en prendre conscience et même si laperception peut différer en fonction des observateurs, l’apparence de l’objetest pure et absolue et elle devient la seule réalité.

« Le phénomène d’être exige la transphénoménalité del’être. Cela ne veut pas dire que l’être se trouve caché derrière lesphénomènes (nous avons vu que le phénomène ne peut pas masquer l’être) – ni quele phénomène soit une apparence qui renvoie à un être distinct (c’est en tantqu’apparence que le phénomène est, c’est-à-dire qu’il s’indique sur lefondement de l’être). Ce qui est impliqué par les considérations qui précèdent,c’est que l’être du phénomène, quoique coextensif au phénomène, doit échapper àla condition phénoménale – qui est de n’exister que pour autant qu’on se révèle– et que, par conséquent, il déborde et fonde la connaissance qu’on en prend. »

Ce sontces conclusions qui fondent l’existentialisme chez Sartre. Et qui fondent sa théoriede l’en-soi, du pour-soi qui touche à la question de l’existence de l’homme.

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