L'oeil du loup

par

Résumé

Un loup seul dans sa cage, dans un triste zoo. Il va et vient dans le lieu étroit où on l’a enfermé. Il contemple de son œil unique les étranges gens qui viennent le contempler. Rien ne l’atteint, rien ne le touche ; il attend, seul, tout seul depuis que la louve qui partageait sa cage est morte. Que lui importent ces gens qui lui tirent la langue ? Jusqu’au jour où apparaît un garçon. Il ne lui tire pas la langue, il ne mange pas de friandises, il se tient là, debout, et le regarde sans ciller. Bah, il finira bien par se lasser. Mais non. Jour après jour, le jeune garçon est là, qui le regarde aller et venir. Au bout de plusieurs jours, le loup finit par interrompre son inutile marche et s’assied devant le garçon – et il le regarde, de son œil unique. Mais il ne parvient pas à fixer le regard du petit homme, qui a deux yeux, lui. C’est alors que le garçon ferme un de ses yeux, et plonge son regard dans la prunelle de l’animal enfermé. Il va y lire toute la vie de la bête.

La pupille noire se transforme en une grande boule de poils chauds : c’est Flamme Noire, la mère, et avec elle ses petits louveteaux : les rouquins ; lui-même, Loup Bleu, le plus sage et le plus réfléchi ; et aussi Paillette, dont le pelage ressemble à un éclair d’or. Ils vivent dans les solitudes gelées de l’Alaska, avec Cousin Gris, qui protège la petite meute. Le père, Grand Loup, a été tué par les Hommes, ces êtres étranges et implacables qui les poursuivent sans relâche, les tuent et volent leur peau. Flamme Noire raconte à ses petits de terribles histoires sur les Hommes, leur méchanceté, et tâche de leur faire comprendre combien les Hommes sont dangereux. Les petits croient volontiers leur mère, mais Paillette, la chasseresse la plus habile, la plus rapide de la meute, s’ennuie tellement ! Elle aime à rire, à courir, et ne craint rien. Une nuit, elle s’approche du campement des Hommes, qui la capturent. Dame, une fourrure aussi exceptionnelle ! Les Hommes, ravis, ne voient pas approcher Loup Bleu qui, d’un coup de dents, tranche la corde qui ferme le filet où est emprisonnée la petite louve. Il se bat contre les Hommes et leurs chiens pour que sa sœur parvienne à s’enfuir. Assommé d’un coup de bûche enflammée, il s’effondre tandis que Paillette s’échappe. Sa fourrure abîmée par le combat lui sauve la vie : on ne le tue pas, on le vend à un zoo, et le voilà, avec cet œil clos depuis le funeste combat.

Son œil ouvert est toujours fixé sur celui du garçon, et il plonge à son tour dans les souvenirs de celui qui lui fait face. Le jeune garçon est né bien loin d’ici, dans un village d’Afrique frappé par la guerre. Une nuit, sa mère le confie à un marchand ambulant, Toa, qui emporte l’enfant comme un paquet. Au fil du temps, il tente bien de se débarrasser de ce fardeau, mais c’est oublier que l’enfant a un allié précieux : le dromadaire qui transporte le fourniment du marchand. L’enfant a surnommé l’animal Casseroles, et il sait lire ses rêves et ses pensées. Toa, Casseroles et l’enfant vont par monts et par vaux, et le petit homme charme les clients de Toa avec ses histoires : c’est un grand conteur. Il décrit si bien les contrées de l’Afrique Jaune qu’ils traversent que les clients lui donnent un nom : ils le baptisent Afrique.

Un jour, hélas, ils arrivent en Afrique Grise. Là, Toa vend Casseroles et Afrique : il cède l’enfant aux Roi des Chèvres, et Afrique va devoir apprendre à garder ses troupeaux. Il devient bientôt un berger extraordinaire, qui sait apprivoiser les bêtes les plus féroces et s’en faire des alliées. Il obtient même l’aide du guépard et d’une hyène, à qui il confie la garde de la plus belle chèvre, la Colombe d’Abyssinie. La vie d’Afrique se déroule paisiblement, jusqu’à cette nuit où la Colombe d’Abyssinie disparaît, ainsi que le guépard et la hyène. Le Roi des Chèvres chasse l’enfant, qui convainc un chauffeur de bus de l’emmener en Afrique Verte, là où les arbres poussent librement. Mais alors qu’ils sont à peine arrivés, le bus a un accident et l’enfant blessé est recueilli par P’pa Bia et M’ma Bia, un généreux couple qui habite une clairière au beau milieu de la forêt tropicale. Là, Afrique lie connaissance avec un gorille, un perroquet, et une foule de bêtes avec lesquelles le couple et l’enfant vivent en harmonie.

Malheureusement, d’autres hommes coupent les grands arbres, détruisent la forêt. Vient le jour où P’pa Bia et M’ma Bia décident qu’ils ne peuvent rester plus longtemps dans ce pays qui se transforme en désert : ils décident de partir pour l’Autre Monde. L’Autre Monde ? C’est notre Europe occidentale, où il fait froid, où les murs sont gris. P’pa Bia trouve un emploi au zoo, « le jardin des animaux », où on le charge de s’occuper des arbres exotiques. Il emmène Afrique avec lui, et le garçon a l’heureuse surprise d’y retrouver tous ses amis, vendus, capturés, mais réunis : Casseroles, le guépard, la hyène, la Colombe d’Abyssinie, le gorille… Tous sont là. À la joie des retrouvailles succède la rencontre avec Loup Bleu, le solitaire qui garde l’œil clos. Et Afrique garde un œil clos, lui aussi, tant que Loup Bleu ne se décide pas à ouvrir les deux yeux sur le monde. Pour voir un triste zoo, un œil suffit largement. Mais c’est avec deux yeux que le cœur s’ouvre à nouveau aux autres, et les histoires contées par Afrique rendant la vie supportable, Loup Bleu ouvre enfin son deuxième œil, et rejoint Afrique dans son monde merveilleux.

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