La Reine morte

par

Acte I

Le premier tableau se joue dans une salle du palais royal, à Montemor-o-velho.

L'infante de Navarre se plaint au roi Ferrante d'avoir subi un affront de la part de son fils : don Pedro l'a ignorée durant trois jours, puis lui a avoué être lié à jamais à Inès de Castro, ce qui l’empêcherait d'épouser l’infante qui est donc blessée dans son orgueil. Elle ajoute que cet outrage ébranle toute la Navarre. L'infante demande alors au roi Ferrante de retourner dans son pays, sans quoi elle mourra. Le roi Ferrante refuse de la laisser partir.

On assiste ensuite à un face-à-face entre le roi Ferrante et don Pedro. Le roi s'avoue lassé de sa fonction, et reconnaît avoir laissé son fils de côté pour son trône, mais aussi en raison du caractère de son fils. Le roi lui reproche sa médiocrité. Ferrante envisage de faire exiler Inès de Castro, ou d'interdire à son fils de la revoir, afin qu'il épouse l'infante. Le prince pourra toutefois s'autoriser le concubinage, qui est autorisé par la loi, mais l'infante aura le trône. En effet, ce mariage permettrait d'avoir le pouvoir sur le Portugal, la Navarre et l'Aragon en vue de faire pression sur la Castille. Le prince Pedro se dit « déchiré entre une obligation et une affection », ce qui constitue le nœud dramatique central.

Il y a en outre une autre raison pour laquelle il ne peut épouser l'infante : il refuse d'en faire une femme malheureuse. Le roi invoque la supériorité de Dieu et de la cause du royaume. Don Ferrante lui donne un ultimatum de cinq jours pour se décider, temps durant lequel aura lieu la fête d'accueil en l'honneur de l'infant et de l'infante ; il le menace de son châtiment le plus terrible.

 

Le second tableau a lieu dans la maison d'Inès.

Pedro rapporte à Inès qu'il n'a pas osé avouer à son père qu'ils sont déjà mariés. Inès le pousse à avouer, puisque le pape est en froid avec le roi, et que les nœuds du mariage sont indéfectibles. Pedro lui répond que la colère de son père sera terrible et les séparera. Inès trouve cette possibilité bien moins terrible que la présente incertitude. Inès l'enjoint à choisir le trône, et à apprendre à gouverner, par amour pour elle. Pedro espère que le destin les fera se retrouver. Inès se sent malgré tout heureuse car elle porte l'enfant de Pedro.

C'est alors que le roi entre, et Pedro a l'intention de tout lui dire. Le roi dit à Inès qu’il regrette que celle-ci ne se soit pas montrée à la cour. Inès lui raconte sa rencontre avec le prince, il y a de cela deux ans. Le roi lui demande de faire en sorte qu'il accepte un mariage « dont dépend le sort du royaume », mais cela s'avère impossible pour Inès. Le roi se sent obligé de soutenir le point de vue de l’État, car le mariage avec l'infante servirait ses intérêts politiques. Inès lui avoue alors qu'ils sont mariés depuis un an, suscitant la colère du roi. Il s'écrie : « Treize ans à être l'un pour l'autre des étrangers, treize ans à être l'un pour l'autre des ennemis : c'est ce qu'on appelle la paternité ».  Il ne peut comprendre la revendication de bonheur du couple. Le roi demande alors à ce que l'on raccompagne Inès, et que l'on veille à ce qu'elle ne voie plus le prince.

Le roi convoque don Christoval, l'homme qui a élevé le prince, et lui demande de procéder à l'arrestation de ce dernier et de l'enfermer dans le château de Santarem pour punition de sa médiocrité. L'arrestation du prince a lieu et Pedro s'inquiète de savoir si Inès est en sûreté. 

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