La Religion dans les limites de la simple raison

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Résumé

Les religions, surtout occidentales, font appel à une foi. Kant dans La Religion dans les limites de la simple raison s’attache au défi d’examiner ce que deviendrait la religion si on la concevait par la Raison. Il faut noter que Kant était croyant. Son objectif n’est pas de démolir les croyances religieuses grâce à la Raison, mais bien plus d’examiner comment concilier dans un système de pensée la Raison et la Foi. Au début de son œuvre, Kant pensait que la Raison pouvait démontrer l’existence de Dieu, mais au fil des années et de ses recherches, il se rend compte, peu à peu, que ce n’était pas le cas. Dans la Critique de la raison pure, Kant écrit d’ailleurs « j’ai dû abolir le savoir pour y substituer la croyance. » Dans ce cas, est-ce que ça veut dire que la Raison ne peut pas du tout aborder les questions de la Religion et de la Foi, ou, quels peuvent-être ses apports dans ce domaine? Tel est en quelques sortes, la question que Kant essaie de résoudre dans La religion dans les limites de la simple raison, livre qu’il décrit comme un « Petit traité de théologie philosophique, et non proprement biblique » 

Emmanuel Kant est un philosophe allemand du XVIIIème siècle, il s’inscrit dans le mouvement des Lumières allemandes (l’Aufkärung), une époque d’évolution intense de la pensée en Allemagne et plus largement en Europe, qui a posé les fondements de nombreux aspects de nos sociétés modernes. Bien qu’il ait peu voyagé, il se tenait très au fait des évolutions de son époque. Kant a aussi été le premier philosophe de l’ère moderne à poursuivre une activité d’enseignement de manière régulière, tant par goût que par nécessité financière. Son œuvre a eu un grand retentissement, non seulement sur ses contemporains mais aussi dans l’histoire de la philosophie et jusqu’à aujourd’hui. Kant a surtout travaillé sur les questions de la connaissance, de la morale et de l’esthétique et ses théories sont considérées comme les fondements de la philosophie moderne dans ces trois domaines.

L’une des grandes théories de Kant est que la raison ne peut pas tout appréhender, elle ne suffit pas à tout connaitre et ne peut pas être la seule notion qui explique toute l’activité intellectuelle humaine, par contre, la Raison, pour Kant, ne sert pas que à connaitre, elle nous permet aussi de trouver ce qui devrait être, ce que nous devrions faire. Et c’est en cela que la Raison peut nous faire concevoir la Religion, c’est en cela que l’homme qui tire toute la partie de sa Raison, devient religieux. C’est dans ce contexte que s’inscrit l’ouvrage La religion dans les limites de la simple raison.

Kant y fait la distinction entre la morale et la religion, d’un point de vue philosophique. La morale est issu de la Raison, l’homme, être raisonnable a en lui, grâce à la Raison, tout ce qui est nécessaire pour élaborer une morale. Par contre, la religion dépasse la cadre de la Raison humaine. L’homme n’y accède qu’en acceptant des concepts comme la Foi qui ne peuvent pas être démontrés par la Raison humaine. L’homme religieux accepte que sa Raison est limitée et ce qui dépasse sa Raison vient donc, non pas de l’homme, mais de Dieu.

Pour Kant, la Raison de l’homme le pousse vers le Bien, mais sa chair, ses sensations le poussent vers le Mal. Tout homme a en lui les deux aspects, le Mal et le Bien et il ne peut pas s’en affranchir. Par contre, en travaillant sa Raison, il peut s’orienter vers le Bien et repousser le Mal, mais uniquement au prix d’efforts intenses. Chaque moment d’inattention peut ouvrir la porte à la réalisation du Mal.

Selon Kant, Dieu prend en considération les efforts déployés par chaque homme pour se maintenir dans le Bien, et juge s’ils en ont fait suffisamment pour mériter d’être pardonnés de leurs faux pas et mauvaises actions. Ainsi, Kant écrit : « La vraie religion, en effet, n'est pas de connaître ou de professer ce que Dieu fait ou a fait pour notre sanctification, mais d'accomplir ce que nous devons faire pour nous en rendre dignes ».

 

Kant voit une grande utilité à l’Église comme institution qui permet aux hommes désireux de vivre selon le Bien de se regrouper et de se stimuler mutuellement à suivre les principes qui plairont à Dieu, afin de susciter le pardon de Dieu pour leurs faiblesses, sauvant ainsi leurs âmes. Il est intéressant de noter que la conception de Kant inclut la pluralité des Églises, qui peuvent être autant de moyen, tous positifs, d’atteindre à cet objectif de vivre vertueusement. Kant ne se fait donc pas le défenseur d’une religion en particulier, mais bien du concept philosophique de Religion, qui peut s’incarner en différentes religions réelles.

 

Dans la philosophie kantienne, l’homme peut donc être rempli d’espoir et faire son devoir devient une tâche utile au salut : ces pensées sont de nature à le rendre plus agréable! Le plus remarquable est sans doute que c’est encore à travers la Raison que l’homme arrive à ses conclusions optimistes, et ses actions justes. Le débordement des sentiments, la poursuite des instincts ou inclinaisons physiques et émotionnelles sont sans hésitation condamnés par Kant, y compris quand ils ont trait à un sentiment religieux. Mais avec Kant, la Raison cesse d’être un obstacle à la Religion. Elle conduit au contraire à elle, bien que ne se soit pas à travers la connaissance scientifique.

 

Bien que le livre ne soit absolument pas un réquisitoire contre la Religion, et qu’il en souligne même le caractère indispensable, ses conceptions nouvelles mettent mal à l’aise les autorités de l’époque et Kant eu quelques difficultés avec la censure lors de sa parution.

 

La Religion dans les limites de la simple raison est une œuvre rédigée tardivement dans la carrière de Kant, déjà très connu, et qui nous permet de mieux voir l’unité et la cohésion du système de pensée kantien, au-delà de ses œuvres les plus connues (Critique de la Raison pure et la Critique de la raison pratique), qui sont trop souvent présentées seules.

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