Le Cid

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Résumé

Les événements se déroulent à Séville à l’époque de la Reconquête.

 

Acte I

 

Chimène apprend par Elvire, sa confidente, que son père, le comte de Gormas, accepte qu’elle épouse le chevalier Don Rodrigue, qu’elle préfère à Don Sanche, un autre prétendant. Il est donc prévu que Don Diègue, le père de Don Rodrigue, demande Chimène en mariage après le conseil royal où le comte de Gormas sera nommé gouverneur du Prince, fils du roi Fernand.

La fille du roi, Doña Urraque, avoue à sa gouvernante Léonor sa passion impossible pour Don Rodrigue, indigne d’elle car il n’est pas de rang royal. Pour l’oublier, elle a favorisé l’union du chevalier avec Chimène. Doña Urraque se voit donc contrainte de sacrifier sa passion pour remplir son devoir.

Comme prévu, le vieux Don Diègue aborde le comte à l’issue du conseil royal pour lui faire la demande de mariage au nom de son fils. Néanmoins, le comte, s’étant vu préférer Don Diègue pour le poste de gouverneur du Prince, frappe son rival et le désarme.

Humilié par le comportement et les mots du comte, le vieux Don Diègue se plaint lors d’un monologue de son âge et de son impuissance, et il évoque les victoires militaires remportées lors de batailles qu’il a jadis dirigées. Il demande ensuite à son fils Don Rodrigue de venger l’honneur de la famille en le remplaçant lors d’un duel avec le comte.

Déchiré entre le devoir de venger l’honneur de son père et son amour pour Chimène, fille de son rival, Rodrigue évoque le dilemme auquel il fait face au cours d’un long monologue. Devant la difficulté du choix, Don Rodrigue est convaincu qu’il finira par perdre sa bien-aimée et voir leur mariage annulé. Le chevalier opte pour l’honneur et sacrifie son amour.

 

Acte II

 

L’arrogant comte repousse Don Arias, émissaire dépêché par le roi pour lui demander de présenter ses excuses. Conscient de son rang et de ses qualités de guerrier, l’orgueil du comte le pousse ainsi à rejeter l’autorité même du roi de Castille.

Don Rodrigue se présente devant le comte et lui demande réparation en le provoquant en duel au nom de l’honneur bafoué de son père. Confiant en sa capacité à vaincre le jeune chevalier, le comte est néanmoins séduit par le courage de Don Rodrigue et se trouve ainsi conforté dans sa décision initiale de lui donner sa fille en mariage. Bien que conscient que le jeune chevalier n’a d’autre choix que celui de défendre l’honneur de son père, le comte essaie néanmoins de le faire renoncer au duel.

 Apprenant qu’un duel a été décidé entre le comte et Don Rodrigue, Chimène, affligée, se révolte contre les motivations de son père, poussé par son ambition, et de son prétendant, animé par le sens de l’honneur. Toutefois, elle est bien consciente que la gravité de l’offense faite au vieux Don Diègue rend le duel inévitable. L’infante tente de rassurer Chimène, lui promettant d’empêcher le duel en retenant Don Rodrigue prisonnier. Informée par un page du départ du comte et du jeune chevalier et devant cette annonce de l’imminence du duel, Chimène quitte l’infante pour les rattraper.

Après le départ de Chimène, l’infante se réjouit de la nouvelle du duel et se reprend à espérer. En effet, dans tous les cas, Chimène et Don Rodrigue seront irrémédiablement séparés. En outre, une victoire éventuelle du jeune chevalier le rendrait digne de son rang de princesse, et elle pourrait ainsi l’épouser. D’une victoire à l’autre, le jeune chevalier pourrait même se constituer un royaume. Devant l’imagination trépidante de l’infante, sa gouvernante tente de la raisonner.

Furieux contre le comte qui vient de lui désobéir, et en dépit d’une défense soutenue élaborée par Don Sanche, le roi Fernand veut punir le père de Chimène. Cependant, informé de l’attaque imminente des Maures, le roi abandonne son projet et donne des instructions pour renforcer ses troupes.

Le roi est ensuite informé par Don Alonse de la mort du comte, tué par Don Rodrigue, puis on lui annonce au même moment l’arrivée de Chimène, venue réclamer justice. Affecté par la mort du comte qui représente une mauvaise nouvelle pour la défense du royaume, le roi déplore la disparition du grand homme.

Chimène réclame au roi la tête de l’homme qu’elle aime. Rappelant l’offense qu’il a subie, le vieux Don Diègue défend son fils, se rend personnellement coupable de la mort du comte et demande à être puni au lieu de Don Rodrigue. Le roi prend Chimène sous sa protection, fait chercher le jeune chevalier puis s’offre un délai de réflexion avant de rendre sa décision.

 

Acte III

 

Don Rodrigue se présente devant sa bien-aimée avec le projet de s’offrir à sa vengeance. Elvire, la gouvernante de Chimène, demande au jeune chevalier de s’enfuir pour éviter la sanction de Chimène mais, à l’approche de cette dernière, elle n’a d’autre choix que de cacher Don Rodrigue.

Accompagnée de son prétendant le chevalier Don Sanche, Chimène rentre chez elle. Prétextant la lenteur de la justice royale, Don Sanche, toujours amoureux de Chimène, propose de la venger en provoquant Don Rodrigue en duel. L’intéressée repousse l’offre, préférant attendre la décision du roi.

Lors d’un échange avec sa gouvernante Elvire, Chimène avoue son désarroi et sa douleur. En effet, elle se trouve prise dans un terrible dilemme, entre la nécessité de défendre l’honneur de sa famille d’un côté, et la force de sa passion toujours intacte pour Don Rodrigue de l’autre. Poussée par le sens du devoir, elle se prononce en faveur de la mort de Don Rodrigue ; elle mourra à son tour juste après lui.

La nuit, bravant les interdictions, Don Rodrigue se présente en victime devant sa bien-aimée et lui réclame la mort, seule solution pour retrouver sa dignité, en lui tendant l’épée encore tachée du sang du comte. Chimène refuse de le tuer – « Va, je ne te hais point » – mais réaffirme, en même temps que son amour, son désir de le voir puni par la justice. Prenant conscience de leurs destinées désormais liées, car Chimène affirme qu’elle ne lui survivra pas, les deux amants expriment leur douleur commune.

Satisfait de la mort du comte qui rétablit l’honneur de sa famille, Don Diègue cherche toujours à voir son fils et craint qu’il ne soit attaqué par les partisans de son ancien ennemi. Après l’avoir enfin retrouvé, Don Diègue laisse éclater sa joie. Néanmoins, affecté par la perte irrémédiable de Chimène, Don Rodrigue ne pense qu’à la mort pour oublier sa situation tragique. Son père l’incite à aller combattre les Maures et à ce couvrir de gloire. Selon lui, s’il parvient à vaincre les assaillants, le roi pourra lui pardonner et Chimène lui rouvrir son cœur. Don Rodrigue suit le conseil de son père et part s’allier les amis de Don Diègue pour renforcer son armée contre les Maures.

 

Acte IV

 

Chimène est informée par sa gouvernante Elvire de l’éclatante victoire de Don Rodrigue sur les Maures et lui indique même qu’il a fait prisonniers les deux rois qui les commandaient. Craignant que le héros Don Rodrigue ait pu être blessé, Chimène se montre touchée mais se ressaisit vite, rattrapée par son devoir de vengeance que lui rappellent sans cesse ses vêtements de deuil.

Se présentant auprès de Chimène, l’infante l’informe du nouveau rôle de Don Rodrigue auprès du roi et de son importance pour le royaume. Grâce à son triomphe militaire, le jeune chevalier a désormais remplacé le comte. L’infante incite Chimène à renoncer au projet de le tuer et l’invite à le punir en cessant de l’aimer, privilégiant ainsi l’intérêt de l’État. Néanmoins, Chimène s’avère incapable de suivre les conseils de l’infante.

Admiratif et reconnaissant devant les exploits de Don Rodrigue, le roi l’autorise à porter le surnom de « Cid » (signifiant « seigneur », « chef »), et l’absout par la même occasion de la mort du comte. Devant le roi, Don Rodrigue raconte les détails de sa victoire et de la reddition des rois maures, lâchés par leurs troupes. 

Chimène est annoncée au roi au moment même où Don Rodrigue achève son récit. Le roi demande au chevalier de se retirer pour éviter une confrontation, et il invite les personnes présentes à faire semblant de pleurer la mort de Don Rodrigue afin de tester les sentiments de Chimène.

Ainsi, le roi laisse d’abord entendre à Chimène que son bien-aimé est mort, ce qui amène la jeune femme à avouer son amour avant de s’évanouir. Poursuivant son jeu, le roi lui fait ensuite comprendre que Don Rodrigue n’est pas mort : elle se ressaisit et, bien que sa contenance trahisse son amour, elle persiste à réclamer vengeance. Rejetant l’idée d’un pardon, elle accepte cependant un duel judiciaire en promettant d’épouser quiconque vaincra Don Rodrigue. Porté par son amour pour Chimène et quoique moins habile aux armes que Don Rodrigue, Don Sanche se propose pour combattre au nom de Chimène.

 

Acte V

 

Don Rodrigue vient faire ses adieux à Chimène et lui affirme être prêt à mourir sans combattre Don Sanche. Chimène le surprend en le rappelant à l’honneur et en l’invitant à vaincre afin de lui éviter un mariage malheureux avec Don Sanche. Toujours soucieuse de l’honneur de sa famille, elle est consciente qu’une victoire de Don Rodrigue mènerait à un mariage incontestable car correspondant à une directive royale.

De son côté, l’infante comprend que rien ne séparera Chimène et Don Rodrigue, pourtant devenu digne d’elle par sa récente victoire. Dans un long monologue, elle se plaint de sa situation : toujours amoureuse de Don Rodrigue, elle comprend que la différence de rang continuera de s’opposer à sa passion, à laquelle elle doit donc mettre fin.

Convaincue par le discours de sa gouvernante Léonor, l’infante se résout à s’effacer et à se ressaisir en soutenant hardiment l’union de Chimène avec Don Rodrigue qu’elle avait initialement arrangée.

Chimène avoue à sa gouvernante Elvire le nouveau dilemme face auquel elle se trouve : suivant le résultat du duel, soit elle sera contrainte d’épouser Don Sanche, qu’elle déteste, soit elle devra accepter l’union avec Don Rodrigue, l’assassin de son père. Chimène persiste : une victoire de Rodrigue ne l’empêchera pas de réclamer vengeance. Sa gouvernante lui reproche sa fierté insupportable puis leur conversation s’interrompt à l’approche de Don Sanche.

Voyant ce dernier lui ramener son épée et celle de Don Rodrigue, Chimène pense que Don Sanche a gagné le duel. Cependant, et sans lui laisser le temps de s’expliquer, Chimène s’empresse de lui avouer son amour inconditionnel pour Don Rodrigue.

Se présentant de nouveau devant le roi Don Fernand et croyant Don Rodrigue mort, Chimène se dit libre de le pleurer et supplie le roi de lui éviter un mariage avec Don Sanche en l’autorisant à lui laisser tous ses biens avant de se retirer dans un couvent. Le roi lui révèle alors que son bien-aimé n’est pas mort. Don Sanche ajoute que Don Rodrigue n’a fait que le désarmer puis lui a demandé d’offrir leurs deux épées à Chimène en hommage. Le roi ordonne à Chimène d’accepter le mariage avec Don Rodrigue.

À genoux devant sa bien-aimée, Don Rodrigue s’offre de nouveau à la mort, refusant de profiter de l’ordre royal pour forcer Chimène à un mariage dont elle ne voudrait pas. Ainsi, il remet sa vie entre ses mains et attend son verdict. Chimène le fait se relever, l’absout mais confirme une nouvelle fois son refus d’une union avec lui, tout en avouant qu’elle ne peut le haïr. S’adressant au roi, elle le prie de lui accorder un délai d’un an pour se décider. Le roi accepte mais exige que Don Rodrigue consacre cette période à combattre les Maures. Ainsi, Chimène pourra terminer son deuil et son bien-aimé aura l’occasion de se couvrir encore davantage de gloire.

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