Le Collier de griffes

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Présentation

Le Collier de griffes paraît en 1908, soient vingt ans après la mort de Charles Cros (1842-1888). Le poète avait bien envisagé la parution d’un deuxième recueil, après celle du Coffret de santal en 1873, mais il semble qu’il n’ait eu que le temps d’en dessiner les grandes lignes, qu’auront reprises ses éditeurs, parmi lesquels figure son fils Guy-Charles Cros (1879-1956), lui aussi poète, qui rédigea également pour l’ouvrage un avant-propos.

Le recueil compte ainsi quatre parties versifiées : « Visions » (25 poèmes), « Fantaisies tragiques » (10), « Douleurs et colères » (13), « Tendresse » (15) – dont les titres et la composition sont peut-être de Cros (c’est certain pour la première partie) –, auxquelles ont été ajoutées, sans grande logique, pour étoffer le volume, La Vision du grand canal royal des Deux-Mers et six textes en prose. On remarque cependant un parallélisme de structure entre Le Coffret de santal et Le Collier de griffes, dont les parties se répondent. Les poèmes ont été au préalable publiés dans Le Chat noir, Le Scapin, La Décadence, La Revue de Paris et de Saint-Pétersbourg, Panurge, L’Hydropathe, La Revue de l’Aude, La Revue méridionale, Le Sagittaire, ou encore La Couronne poétique de Victor Hugo, Vers et prose et Vers de circonstance. Les textes en prose ont paru pour leur part en plaquette séparée pour le premier, ou alors dans La Revue du Monde nouveau, Tout-Paris, et Le Chat noir.

Comme souvent pour les recueils posthumes, l’ouvrage est marqué par le disparate. La forme des poèmes est très libre même si l’on note la présence de plusieurs sonnets ou de triolets, et de quelques recherches formalistes. On retrouve bien sûr les thèmes fétiches de Charles Cros. L’interpénétration de l’amour et de la mort, parallèle à l’attirance et la crainte à la fois qu’inspire la femme, et l’évocation de ses relations aux femmes seront traités dans un premier axe sur l’intimité du poète. Dans un deuxième temps il sera question des moyens particuliers du poète, qui se présente comme un être surpuissant, au-dessus de la masse, un voyant. Enfin, il sera question du corollaire de ces dons, c’est-à-dire de la situation particulière du poète dans le monde, étranger à son temps, devenu féroce, hautain et moqueur à l’occasion, peut-être pour avoir été beaucoup moqué lui-même.

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