Le messager d'Athènes

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La matière historique : une peinture complète de la vie sous la Grèce antique

Roman historique, Le Messager d’Athènes s’attache surtout à peindre la vie quotidienne sous la Grèce antique, en s’appuyant sur des connaissances historiques pour produire un récit réaliste et ludique.

 

A/ Garçon et fille, libres ou esclaves : des statuts différents

 

Timoklès et Chrysilla vivent deux vies complètement opposées et le roman peint dès le début les différences entre les éducations que reçoivent le frère et la sœur : alors que Timoklès s’exerce sans cesse au gymnase, où il combat au pancrace ses pairs, Chrysilla rêve de faire de même alors qu’elle est enfermée au gynécée, appartement réservé aux femmes où elle apprend les arts de la maison. En créant un personnage féminin qui remet en question les traditions grecques, Odile Weulersse fait pencher son roman vers la dénonciation de certaines coutumes et s’échappe d’une vision purement objective du monde antique pour introduire un regard sur des valeurs qu’il est possible de remettre en question. Les jeunes lecteurs sont ainsi invités à s’interroger eux-mêmes sur certaines coutumes et certains préjugés.

Réduits en esclavage, les trois jeunes vont vivre des aventures qui permettent à l’auteure d’aborder ce sujet particulier de la Grèce antique. Chrysilla va devenir la suivante d’un tyran, tandis que Timoklès travaille dans les mines de cuivre. La diversité de la condition d’esclave est ainsi couverte, des travaux de maison aux métiers de force.

 

B/ La démocratie athénienne

 

En arrière-plan, l’organisation politique particulière des cités grecques est analysée. En effet, le père de Timoklès est un aristocrate, c’est-à-dire qu’il fait partie de la classe supérieure des citoyens d’Athènes, d’un groupe qui avait jadis eu le pouvoir. La démocratie athénienne craignait ces familles puissantes, qui pouvaient faire ce que l’on appelle aujourd’hui des « coups d’État ». L’ostracisme – un bannissement de dix ans – était alors de mise et les aventures des trois jeunes gens sont la suite de cet événement très répandu, qui frappe Oloros le père du héros. Ce régime politique était très instable comme l’ouvrage le montre, puisqu’il a pour cadre la guerre contre les Perses qui menace l’équilibre de la cité.

Le roman s’attache ainsi, également, à peindre les différents modes de fonctionnement des peuples qui entouraient Athènes : la démocratie athénienne n’est pas un modèle répandu et le voyage de Timoklès à Sparte permet de découvrir d’autres organisations politiques. De même, le roi de Perse offre un exemple des royautés qui existaient dans les environs d’Athènes.

 

C/ Un moment de l’histoire : la bataille de Marathon

 

Plus encore que les mœurs quotidiennes ou politiques des Grecs, Le Messager d’Athènes peint l’histoire chronologique, c’est-à-dire les événements précis qui figurent sur la ligne du temps, dont l’évocation est arrivée jusqu’à nous et qui forment l’histoire d’un peuple. Ainsi le roman finit sur la bataille de Marathon, que les Grecs remportèrent contre les Perses.

Odile Weulersse s’attache ainsi à fournir un roman complet sur la période, puisqu’elle aborde des thèmes à la fois sociaux, politiques et historiques. Les personnages gagnent alors en réalisme et l’approche de l’histoire purement chronologique est facilitée par un point de vue interne des personnages qui incarnent des faits autrement abstraits et éloignés.

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