Le procès verbal

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La folie dans « Le procès-verbal »

a.      La folie comme conséquence d’une incapacité à s’adapter au quotidien 

Le personnage d’Adam Pollo est l’incarnation même de l’inadapté social. Il ne comprend pas le jeu des conventions, ne se retrouve pas dans les subtilités du langage et a du mal à se fondre dans un ordinaire qu’il désire pourtant rejoindre. Sa folie n’est pas une manifestation dont l’esprit est inconscient. Bien au contraire. Une conscience aigüe de sa différence l’habite. S’il se comprend, et comme tous les fous, trouve sa logique infaillible, il n’arrive pas à en trouver un écho auprès de la société qui l’entoure. Certes, il entretient une relation avec Michèle, cependant celle-ci même n’est pas « normale » au sens de conventionnelle. Un autre symptôme de son trouble est cet oubli de son passé. Si on ne sait jamais si cet oubli est la résultante d’un choix volontaire, on sait cependant qu’à plus d’une occasion il cherche à rattraper ce passé perdu, comme pour, grâce à ce fil d’Arianne ténu, retrouver ce qui a sans doute été autrefois son ordinaire. Le drame d’Adam Pollo, et c’est d’ailleurs ce qui donne sa saveur à ce « non-récit» est dans ce qu’au plus profond de lui, il est confronté à un dilemme. Regagner le monde, s’y intégrer tant bien que mal, et donc s’annihiler à son contact ou alors le regagner et essayer de le transformer. Cette option, qui sera celle qu’il adoptera, le mènera à l’asile psychiatrique, et donc à une reconnaissance officielle de sa folie. Cette reconnaissance équivalant à une mise au ban de la société humaine par la...

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Dissertation à propos de Le procès verbal