Le Scarabée d’or

par

Résumé

William Legrand, un homme intelligent et érudit, bien que marginal et secret, vit sur une petite île de Caroline du Sud, l’île de Sullivan. Il habitait à Charleston avant de perdre, dans un revers de fortune, toutes les richesses dont il avait hérité. Il s’est alors retiré en ermite sur sa petite île pour éviter toute remarque ou critique et vivre plus pleinement avec son caractère et sa fougue un peu étranges. En effet, William devient de plus en plus cyclothymique depuis qu’il s’est installé dans cette petite hutte perdue au milieu de nulle part et l’on peut facilement le croire fou.

Heureusement, il est surveillé par Jupiter, son serviteur et ami. Jupiter est un esclave noir affranchi qui a toujours appartenu à la famille Legrand et qui n’a jamais voulu quitter son maître malgré son affranchissement de longue date. Il fait d’ailleurs très attention à lui et le suit dans tous ses déplacements malgré son grand âge. Le style de l’écrivain accentue ses origines africaines par un lourd accent retranscrit dans les dialogues.

         Le narrateur de l’histoire est anonyme, on sait seulement de lui qu’il habite à Charleston et qu’il est un ami de William. Il vient d’ailleurs régulièrement lui rendre visite depuis qu’il a déménagé. Il s’inquiète pour lui et ses passions un peu étranges. William vient d’ailleurs de s’en trouver une nouvelle. En effet, il a découvert, lors de l’une de ses promenades quotidiennes sur l’île, un scarabée d’or. Il faut dire que c’est un homme passionné par les sciences, en particulier par la cryptographie mais aussi par l’entomologie. Cette espèce de scarabée n’a jamais été répertoriée. Mais il y a plus étonnant encore, il semble être en or massif. Lors d’une visite du narrateur, William lui dessine le scarabée et le lui montre. Le narrateur remarque alors que, sur le dos de l’insecte, se trouvent plusieurs taches d’un noir profond. Elles forment le dessin d’une tête de mort, un crâne. William n’avait jamais vu ces taches auparavant.

         Un mois plus tard, le narrateur retourne à Charleston et pense parfois à ce scarabée d’or qui avait semblé troubler grandement son ami. C’est alors qu’il reçoit une lettre de William, amenée à Charleston par Jupiter en personne. Aux dires de celui-ci, Legrand est devenu fou, complètement obsédé par l’étrange insecte. Il lui demande d’ailleurs de venir immédiatement à Sullivan. À son arrivé sur l’île, il est aussitôt réquisitionné par William pour aller courir l’île du Nord au Sud, en passant dans des régions inhabitées et envahies par la faune et la flore. William marche devant, refusant d’expliquer quoi que ce soit à ses amis et se bornant à tenir le scarabée au bout d’un long fil. La « promenade » dure près de deux heures, jusqu’à ce que les trois hommes arrivent au pied d’un arbre immense et sans doute très vieux. William se tourne alors vers Jupiter et lui demande de grimper à l’arbre, jusqu’à la septième branche. Jupiter s’exécute en faisant fi de son vertige et de sa vieillesse. Sur cette branche se trouve un crâne. William demande alors à Jupiter de laisser tomber le scarabée à travers l’œil gauche de l’os afin qu’il atterrisse sur le sol, à leurs pieds. William détermine alors un périmètre autour du scarabée. C’est ici qu’ils vont devoir creuser le sol. Il sort pioches et pelles et demande à ses amis de l’aider à creuser. Ils se mettent tous à l’ouvrage pendant près de deux heures jusqu’à ce qu’ils se rendent compte qu’il n’y a rien.

         Vient alors une nouvelle réflexion. Jupiter, le vieil esclave, s’est peut-être trompé ; connaît-il seulement sa droite et sa gauche ? Lorsque Legrand lui demande de montrer son œil gauche, Jupiter pointe son œil droit. Tout est donc à recommencer. Jupiter regrimpe dans l’arbre et fait tomber le scarabée dans le bon œil cette fois-ci. La zone de creusement est déplacée. Cette fois, ils trouvent un cadavre et un coffre rempli d’or, de pierres précieuses et de bijoux. Ils le ramènent alors à la hutte de William.

         Là, ils se mettent à compter le butin, qui s’élève à 1,5 millions de dollars à peu de choses près. Après s’être reposé et avoir mangé, William explique à son ami comment il a su trouver un trésor pareil sur l’île même où il est venu habiter. Il faut alors revenir au début de l’histoire, lorsque le narrateur est venu la première fois chez William. Celui-ci avait dessiné le scarabée d’or sur un parchemin vierge qu’il avait trouvé dans un tiroir puisqu’il n’y en avait plus sur sa table habituelle. Ce parchemin, il l’avait en fait ramassé sur les lieux où il avait fait sa précieuse découverte. Les taches que le narrateur avait vues dans le dessin de William avaient en fait été dessinées antérieurement sur le parchemin avec une encre seulement visible à la lumière d’une flamme. Or justement, ce jour-là, un grand feu flambait dans la cheminée de la hutte. D’autres symboles sont ensuite apparus sur le parchemin en question. Legrand les a relevés et a trouvé le dessin d’un chevreau qu’il a mis en relation avec le célèbre capitaine Kidd – kid signifie chevreau en anglais. La légende dit que le marin avait caché un trésor sur l’île de Sullivan mais qu’il n’a jamais été retrouvé. En plus du chevreau se trouvait, sur le parchemin, une série de symboles étranges qui, une fois qu’ils furent étudiés et décryptés par William, se sont avérés correspondre à des lettres de l’alphabet. Il explique alors sa technique de décryptage à son ami : William a établi un lien entre les symboles qui revenaient le plus souvent et les lettres les plus utilisées dans la langue anglaise ; il en a ensuite déduit que telles suites de symboles correspondaient à tels mots courts, ce qui lui a permis de trouver d’autres associations entre les symboles et des lettres. Peu à peu, le message s’est formé et il a pu le lire sans difficultés. Celui-ci indiquait un lieu où se rendre, une sorte de corniche dont la vue donnait précisément sur le grand arbre que Jupiter a escaladé. C’est à l’aide d’une longue vue qu’il a pu remarquer le crâne sur la septième branche et faire creuser ses amis au bon endroit.

         Finalement, le scarabée ne jouait aucun rôle dominant dans l’affaire. Il n’était qu’une mise en scène visant à se moquer de ses amis qui, comme il l’avait bel et bien remarqué, le croyaient devenu fou.

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