Le Scarabée d’or

par

Une énigme mêlant le surnaturel à l'enquête policière

L’énigme qu’ont à résoudre les trois héros de l’œuvre est censée leur permettre d’acquérir le trésor qu’ils recherchent. Il s’agit donc du dernier obstacle, du dernier élément d’enquête de leur chasse. C’est Legrand qui découvre par hasard le parchemin sur lequel est inscrite l’énigme non résolue. Pour ensuite déchiffrer l’énigme, ce dernier va faire appel à son sens du raisonnement : il compte tout d’abord le nombre de chacun des symboles et va ensuite faire une «analogie avec l’alphabet de la langue anglaise». C’est ensuite par déduction qu’il découvre le mot de l’énigme, «Champollion». «Énigme», «Analogie», «Déduction» sont tous des mots propre au vocabulaire de l’enquête policière.

L’énigme cryptogamique amplifie la dimension de roman policier de l’œuvre en ce sens que la résolution de cette énigme représente un acte logique, déductif, quasi mathématique. Il s’agit d’une rigueur qui n’est pas sans rappeler, une fois encore, l’enquête policière.

 

Cependant, on peut opposer à cette rigueur policière liée à l'enquête de nombreux éléments  apportant l'univers fantastique à l’œuvre.

Tout d’abord, le lieu de l’action, l’île Sullivan, est un lieu typique du genre fantastique. Elle est décrite comme étant « Cette île est des plus singulières… », c’est-à-dire une île atypique, forcément étrange et éloignée, isolée du reste du monde, ce qui devient inquiétant, à l'image des Dix petits nègres de A. Christie par exemple. '' mais toute l’île, à l’exception de ce point occidental et d’un espace triste et blanchâtre qui borde la mer, est couverte d’épaisses broussailles de myrte odoriférant, si estimé par les horticulteurs anglais. L’arbuste y monte souvent à une hauteur de quinze ou vingt pieds ; il y forme un taillis presque impénétrable et charge l’atmosphère de ses parfums. '' Sa description, pauvre en végétation, présentant de la vase et des odeurs nauséabondes n'est pas des plus attirantes. Elle ne fait pas du tout île paradisiaque. 

 

À cela s'ajoute le scarabée lui-même, objet du titre « d’une brillante couleur d’or – gros à peu près comme une grosse noix- avec deux tâches d’un noir de jais à l’extrémité du dos, et une troisième, un peu plus allongée, à l’autre » : il est en or massif. Il lance les personnages sur les traces du trésor du Captain Kidd, ce qui ajoute aux fantasmes des pirates, des trésors, des îles désertes et donc de la fiction, du fantastique. Le dessin décrit une tête de mort, symbole de tout ce qu'il y a de plus sombre, dessin et symbole renforcé tel un leitmotiv lorsque les enquêteurs découvrent la tête de mort accrochée à un arbre sur l’île Sullivan, qui indique la position du trésor, comme si elle était au point de départ et au point final de la quête, comme une course au trésor.

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