Le Scarabée d’or

par

Legrand et Jupiter, ou les instigateurs de la farce

– William Legrand :

Il vit en ermite, retiré du monde, à cause de sa misanthropie. Il s'est exilé sur cette île déserte pour profiter du calme, de la solitude et oublier sa mauvaise fortune passée. '' Il y a quelques années, je me liai intimement avec un M. William Legrand. Il était d’une ancienne famille protestante, et jadis il avait été riche ; mais une série de malheurs l’avait réduit à la misère. Pour éviter l’humiliation de ses désastres, il quitta la Nouvelle-Orléans, la ville de ses aïeux, et établit sa demeure dans l’île de Sullivan, près de Charleston, dans la Caroline du Sud  ''. Le narrateur le croit fou, à cause de son caractère instable (il se montre parfois très heureux, puis est sujet à des crises mélancoliques). Cependant, c’est un homme intelligent et qui demeure plutôt rationnel, puisque c’est lui qui déchiffre le cryptogramme : il croit de nouveau en sa bonne fortune et il y voir un signe de bon augure. Il est un membre de la noblesse, mais n’a aucune fortune. Il utilise ce dernier fait pour que le narrateur croie qu’il cherche le trésor par cupidité

 

– Jupiter :

Il est un esclave noir affranchi. Il appartenait à la famille Legrand et William l’a affranchi. Pourtant, Jupiter a décidé de lui rester fidèle. Il est décrit comme un homme agile, à l’aise dans la nature et d'une logique correcte. Il est toutefois dépeint tel un être pauvre d’esprit. Par exemple, il confond la droite et la gauche, prononce et confond certains mots, ce qui est parfois quasi comique. : '' Ah ! miséricorde ! Massa Will ! n'est-ce pas là, pour sûr, mon œil gauche ? — rugissait Jupiter épouvanté, plaçant sa main sur l'organedroit [VL1] de la vision, et l'y maintenant avec l'opiniâtreté du désespoir, comme s'il eût craint que son maître ne voulût le lui arracher ''

Ils retrouvent le trésor, ce qui rend Jupiter très heureux : '' Un ou deux coups de bêche firent sauter la lame d'un grand couteau espagnol ; nous creusâmes encore, et trois ou quatre pièces de monnaie d'or et d'argent apparurent éparpillées. À cette vue, Jupiter put à peine contenir sa joie, mais la physionomie de son maître exprima un affreux désappointement. Il nous supplia toutefois de continuer nos efforts, et à peine avait-il fini de parler que je trébuchai et tombai en avant ; la pointe de ma botte s'était engagée dans un gros anneau de fer qui gisait à moitié enseveli sous un amas de terre fraîche. ''

Ces deux personnages sont rarement dissociés l’un de l’autre, et pour cause : ils sont tous les deux les instigateurs de la farce faite au narrateur. De plus, c’est donc eux qui créent les éléments et événements fantastiques dans l’œuvre.

Le fait que les éléments qui semblent surnaturels ne le soient pas, prouve que cette œuvre est de veine fantastique, car dans ce genre littéraire, le surnaturel ne doit pas nécessairement « exister », mais simplement « paraître ».

            Dans cette nouvelle, Edgar Allan Poe illustre parfaitement son univers. En effet, on y retrouve des attraits propres au genre policier, et l’action se déroule dans un univers fantastique. On retrouve ces éléments dans la plupart des nouvelles de Poe, et notamment dans celles qui appartiennent au même recueil que le Scarabée d’Or, les Histoires Extraordinaires.

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