Le Seigneur des anneaux : Le Retour du roi

par

Camaraderie, soutien et devoirs : des valeurs morales

Il apparaît clairement chez Tolkien que la division au seindes peuples n’apporte bien vite qu’échec et anéantissement. La dissolution despeuples, des races, est la cause première de la facilité avec laquelle Sauronparvient à reconquérir la Terre du Milieu et à y imposer son autorité et sonjoug.

En effet, si dans le second opus, le Rohan semble prêt àtomber, cela semble être en partie dû à l’absence du soutien des hommes duGondor dans la lutte. Or, dans le troisième opus, on assiste à un renversantretournement de situation : le roi Théoden, épaulé par Aragorn etconseillé par Gandalf, décide d’oublier la trahison de Dénéthor, l’intendant deMinas Tirith, pour voler au secours de la citadelle. Cette union témoigne d’unecapacité à pardonner et à s’unir dans l’adversité où sont oubliées les vieillesrancunes. Bien que le mépris de Gandalf pour Dénéthor, lequel sombre dans lafolie et refuse de léguer les rênes de la citadelle au véritable souverain decelle-ci, soit toujours intact, c’est pour l’espoir d’un peuple libre que leshommes du Rohan se battent aux côtés de ceux du Gondor. Tolkien nous livre unemagnifique description du roi du Rohan écrasant dans toute sa splendeur le chefdes Haradrim, un peuple de guerriers répondant à l’appel de Sauron. Le monarqueen question, il y a peu de temps encore croulant sous le poids de l’emprise deSaroumane et délivré par Gandalf, était incapable de brandir une arme et encoremoins de sortir de son château, à Méduseld. Cependant, après l’exorcisme dumagicien, le vieux roi voit un nouveau sentiment grandir en lui : celui dudevoir, de la camaraderie. Il oublie ses vieilles rancunes contre le Gondor, eten volant à son secours, retrouve toute sa force oubliée.

« Il mit ungenou en terre et présenta la flèche à Théoden. “Salut, Seigneur des Rohirrim,ami du Gondor ! dit-il. Je suis Hirgon, messager de Denethor, qui vous apportece signe de guerre. Le Gondor est dans un grand besoin. Les Rohirrim nous ontsouvent aidés, mais à présent le seigneur Denethor demande toute votre force ettoute votre célérité, de crainte que le Gondor ne tombe enfin.” »

Ainsi, la camaraderie prend tout son sens – c’estégalement le cas pour Merry et Éowyn. En effet, tous deux ont en commun le faitd’être rejetés du champ de bataille par leurs pairs, l’un à cause de sa petitetaille, l’autre du fait de son sexe. Utilisant un pseudonyme, celle-ci revêtcasque et cotte de maille et entraîne Merry à sa suite. Tous deux refusant derester à l’arrière car l’instinct de camaraderie et le désir de se battre pourleur liberté demeure trop fort, leur alliance improbable va donner lesmeilleurs résultats : ensemble, ils abattront le seigneur des Nazgûl,exploit qu’aucun homme vivant n’aurait pu accomplir seul. Ainsi, le refus devoir les autres se battre à leur place, le devoir de tailler soi-même sa propreliberté, et la peur de voir mourir seuls ceux auxquels ils tiennent font naîtreen ces personnages un potentiel qu’ils ignoraient – la jeune fille a l’occasionde mettre à l’épreuve le courage qu’elle se targuait d’avoir, le Hobbit découvreenfin son utilité parmi ce peuple d’hommes, le vieux roi se découvre rajeuni etmeurt dans le feu de sa gloire, immortalisée.

« Merry entenditalors de tous les sons à cette heure le plus étrange. Il semblait que Dernhelmriait, et la voix claire était comme le tintement de l’acier. “Mais je ne suispas un homme vivant ! C’est une femme que tu vois. Je suis Éowyn, la filled’Éomund. Tu te tiens entre moi et mon seigneur et parent. Va-t’en, si tu n’espas immortel ! Car, vivant ou sombre non mort, je te frapperai si tu letouches.” »

Le sens du devoir et de la camaraderie font jaillir ainsid’immenses possibilités, et permettent aux personnages d’avancer sur le cheminde la victoire universelle, ainsi que de leur victoire personnelle.

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