Les Contemplations

par

Une œuvre sur l’amour

Les Contemplations d’Hugo sont d’abord un hymne à l’amour, un amour qui prenddifférentes formes. Ce thème est traité en majorité dans les deux premierslivres. D’abord il y a l’amour adolescent, dont les déceptions transpercentl’âme à la puberté, mais dont les joies marquent l’esprit à jamais. Ici, ilfait allusion à ses amours de jeunesse. Il parle d’abord de Lise (dans le poème« Lise »), une jeune fille de seize ans dont il était amoureux. Hugose rappelle les stratégies qu’il avait l’habitude de déployer pour rendrevisite à sa bien-aimée, des enfantillages : « Pour lui parler le soir plus à mon aise, / Moi, j’attendais quesa mère sortît ». Il parle également de Rose (dans « VieilleChanson du jeune temps »), une jeune femme de vingt ans pour qui iléprouvait des sentiments. Pour les décrire il emploie les mots « ange »,« princesse », montrant combien il était fasciné par elles. Il lesaimait d’un amour enfantin, naïf et innocent. Remarquons également que cesdeux jeunes filles étaient plus âgées que lui, et chacune de quatre ans (Liseavait 16 ans et il en avait 12, et Rose en avait 20 et lui 16).

         Il y a ensuite l’amour physique et passionnel qu’ilexpérimente lorsqu’il devient plus âgé. Ici, Hugo fait référence à ses maîtressesdont Juliette Drouet, la plus connue. Il décrit en quoi la passion amoureuseest une source de joie et de plaisirs. Sa compréhension de l’amour est plusprofonde que lorsqu’il était enfant : « L’amourfait comprendre à l’âme, / L’univers, sombre et béni… » (« Aimonstoujours ! aimons encore ! »). L’auteur réalise la dépendance de l’homme àla femme qu’il aime : « Sanstoi, toute la nature / N’est plus qu’un cachot fermé, / Où je vais àl’aventure, / Pâle et n’étant plus aimé. » (« Je respire où tupalpites »). Hugo ajoute même que la nature créée par Dieu estfacilitatrice de cet amour, car pour lui « Toutconjugue le verbe aimer » (« Premier Mai ») ; la faune,la flore, les oiseaux, les fleurs – tout ce qui vit sur terre chante les prodigesde l’amour, et incite l’homme à aimer et se faire aimer. C’est ainsi qu’ilencourage ses lecteurs : « Aimez,vous qui vivez ! »,« Aimez-vous ! » (« Crépuscule »).

         Puis Hugo progresse vers un amour encore plus profond :l’amour d’un père pour ses enfants. Ici, il fait allusion à ses deux filles,Léopoldine et Adèle (comme l’indique le poème « Mes deux filles »).Elles sont le fruit de sa chair, et en tant que père il les considère comme lesplus belles femmes qu’il ait jamais vues : « L’une pareille au cygne et l’autre à la colombe, / Belles, ettoutes deux joyeuses, ô douceur ! » (« Mes deux filles »).

            Ainsidonc, Hugo traverse différentes étapes en amour, et à chacune d’elles, iléprouve de la peine et de la joie. On se rend également compte que le thème del’amour a une évolution chronologique dans l’œuvre. Dans la première partie,Hugo ressent l’amour à la manière d’un enfant, un amour candide et innocent.Ensuite, dans le second, l’amour qu’il décrit ressemble plus à un amour adulte.Ceci marque ainsi une transition entre deux âges, indiquant à chaque fois uncertain niveau de maturité, de croissance morale et de compréhension de ladynamique du monde et des relations entre hommes et femmes. Puis cet amourprend une connotation plus sombre et mélancolique lorsqu’il parle de l’amourdes victimes et discute des thèmes de la mort et de la perte à partir dutroisième livre « Les Luttes et les Rêves ».

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