Les oubliés de Vulcain

par

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Danielle Martinigol

Danielle Martinigol est une
auteure française de livres pour la jeunesse née en 1949 à Meursault en Bourgogne, dans le département de la Côte-d’Or
où elle fait ses études à Beaune et à l’université
de Dijon
. Elle y obtient une maîtrise
puis un D.E.A. de Lettres modernes
sur les littératures de l’imaginaire.
Elle s’intéresse à la science-fiction dès
l’enfance, quand à onze ans elle découvre dans la cave de son grand-père un
gros livre qui lui paraît étrange. Celui-ci lui dit que ce genre de livres
n’est pas pour elle alors la jeune fille commence à écrire des histoires de
science-fiction qui lui correspondraient. En 1972, elle devient enseignante,
d’abord en Bourgogne puis en 1979 dans la région parisienne où elle reste dix-huit
ans avant de revenir enseigner en Bourgogne, à Mâcon. Elle se retire de
l’enseignement en 2009 à 60 ans et se consacre dès lors à sa production
littéraire.

Durant sa carrière
d’enseignante, elle participe à la formation de professeurs à la lecture et à
l’écriture d’ouvrages de science-fonction ; elle publie en outre des
dossiers pédagogiques chez Hachette et pour le CNDP (Centre national de
documentation pédagogique), mais ce n’est qu’à cinquante ans, en 1989, qu’elle fait son entrée en littérature avec L’Or
bleu
, roman qu’elle dit avoir écrit pour ses enfants et ses élèves.
Danielle Martinigol avec ce premier roman plonge tout de suite son jeune
lecteur dans un univers de science-fiction à travers son héros Bruce, qui vit
au large de Saturne et d’Uranus et découvre la Terre à l’occasion de vacances
qu’il vient y passer. On découvre alors un monde où les mers sont asséchées
depuis longtemps et où l’eau est rationnée. Les gens ont pour habitude
de s’évader en jouant à des jeux vidéos. Accompagnée de la jeune et jolie
Bérénice, une actrice, Bruce va partir en quête d’un secret tenue dissimulé par
ceux qui détiennent l’eau, devenue le bien suprême sur Terre, pour découvrir
qu’il existe une solution à la sécheresse. C’est donc un premier roman écologiste que propose Danielle
Martinigol, propre à faire réfléchir un jeune public sur des enjeux environnementaux d’actualité.

La thématique écologique
reste au centre de son œuvre quand l’écrivaine fait paraître Les
Oubliés de Vulcain
en 1995, son roman le plus lu et le plus primé. En
effet, Charley, un adolescent, alors qu’il découvre qu’il a été conçu en
laboratoire et que son corps a été modifié pour le rendre propice à la conquête
spatiale, atterrit dans sa fuite sur Vulcain, une planète-poubelle qui réceptionne et traite quotidiennement des
tonnes de déchets. Les aventures qu’il vit sur la planète visent, en plus de
divertir, à faire prendre conscience au lecteur de la destination des déchets, réel problème du monde contemporain, et de
leur impact sur l’environnement.

À nouveau l’eau est un bien inestimable dans L’Enfant-mémoire,
roman paru en 1996. Le roman a cette fois pour cadre Universalia, la planète du
Savoir où l’héroïne, Nunzia, s’est rendue à contrecœur, car elle a dû quitter
la Terre et ses amies. Là, elle rencontre O’KrYn, l’enfant-mémoire du titre,
doté de pouvoirs surprenants : il retient absolument tout ce qu’on lui dit.
La jeune fille essaie alors de comprendre la nature de sa mission et de la
menace qui semble peser sur lui. Alors que l’enfant disparaît, Nunzia part à sa
recherche, mais ils se font capturer par des pirates. La mission de
l’enfant-mémoire est en réalité d’indiquer une lune prête à accueillir son
peuple, et la solution au problème de la pollution
apparaît donc sous la forme extrême de l’émigration vers une nouvelle planète.

En 2001 paraît le premier
tome de la trilogie de
science-fiction de Danielle Martinigol, Les Abîmes d’Autremer, qui
appartient au sous-genre du space opera.
C’est Sandiane, seize ans, qui en est l’héroïne, la fille du plus grand reporter
de Main World Net. Tous deux sillonnent l’espace à la recherche de scoops,
quand à l’issue d’un naufrage ils sont secourus par les mystérieux vaisseaux
des Autremériens, les Abîmes. Alors que la jeune fille tombe amoureuse d’un
habitant de la planète Autremer, une planète-océan, elle découvre un secret
dont la révélation pourrait causer la perte du peuple qui l’habite. Elle va
devoir dès lors s’opposer à son père dans une lutte médiatique impliquant les plus grands dirigeants de sa
planète. Ce premier volume fait donc entrer le lecteur dans une satire du pouvoir médiatique et du
contrôle que peut exercer celui qui dirige l’information, mais la trilogie
apparaît plus généralement comme une histoire sur le secret, la famille, mais
encore l’ouverture à des peuples
différents
, la tolérance, la
fidélité à des valeurs, parfois plus fortes que les liens du sang. Cette
trilogie se poursuit avec L’Envol des
abîmes
en 2004 qui reprend l’histoire quinze ans plus tard et L’Enfant et l’Abîme en 2005.

En 2010, après sa retraite
de l’enseignement, Danielle Martinigol publie Sens interdit, roman écrit en collaboration avec Alain
Grousset
. Il s’agit d’une uchronie,
c’est-à-dire que l’auteur change un élément de l’histoire puis en imagine les
conséquences sur le monde. Ici, la grippe espagnole de 1918 a été accompagnée
de la propagation du Myxovirus odorenzae, un virus qui détruit les muqueuses
nasales et fait perdre une partie des capacités olfactives. Dès lors, sur le
modèle du Meilleurs des mondes d’Aldous
Huxley, les enfants sont divisés par classes – minérale,
végétale, animale – à la naissance selon les odeurs qu’ils sont capables de
sentir. L’Ordre des Flagellants impose sa tyrannie
à ce monde par la peur et le déni de la science en faisant croire que c’est
la perte de la foi parmi l’humanité qui a engendré la perte partielle du sens
de l’odorat. Les deux héros de l’histoire sont Mathis, un jeune séminariste
orphelin de Tanzanie, qui a la particularité de pouvoir tout sentir, et pour
cela traqué par des extrémistes et des laboratoires ; et Anne-Marianne,
une brillante scientifique qui au contraire du jeune séminariste connaît le
monde extérieur et va lui apporter son aide. L’œuvre aborde dont les problèmes
du pouvoir et de la dictature.

Le titre de C.H.A.R.L.Ex,
ouvrage paru en 2013, est aussi le nom de l’héroïne, qui signifie « Cyber
Humaine Améliorée pour Résister dans des Lieux Extraterrestres ». On
retrouve ici la société Genutopia, dont il était déjà question dans Les Oubliés de Vulcain (dont ce roman
constitue la suite, longtemps réclamée à Danielle Martinigol par ses lecteurs)
et qui est à l’origine de la création de la jeune fille, dont les sentiments
sont bridés par des puces insérées dans son corps afin de faire d’elle un outil
d’intervention sur des planètes en conflit avec la Confédération des Mondes
Humains. Charlex est envoyée sur Terhyd, une planète dont les terres sont
impossibles à cultiver de par la présence d’une herbe rouge, qui trouve son
origine dans l’avidité d’un grand groupe agricole. Mais Charlex,
pendant son voyage vers Terhyd, a oublié quelle est sa mission ; en effet,
elle a été victime de l’attaque d’un satellite-tueur et perdu une partie de sa
mémoire. Elle va être accompagnée dans sa quête par deux nanêtres, c’est-à-dire
des robots prenant la forme d’un garçon espiègle et d’un chien doué de la
parole. À nouveau Danielle Martinigol invite son jeune lecteur à réfléchir aux
conséquences des avancées technologiques,
au pouvoir des multinationales et à
la quête insensée de profit, mais
encore à la frontière qui sépare l’homme de la machine.

 

Si Danielle Martinigol a
écrit énormément de science-fiction, elle a également abordé le genre de la fantasy avec la série Lumina, princesse guerrière, en douze
tomes, commencée en 2008, ou avec Cantoria,
paru en 2013, un roman centré sur le thème de la musique écrit en hommage à sa
mère professeure de piano. Elle a aussi publié des anthologies autour d’auteurs : Jules verne, Victor Hugo et
Edgar Allan Poe, à l’intention des élèves de quatrième et de troisième.

L’écrivaine écrit souvent
en collaboration avec des amis
auteurs. Elle utilise ainsi le pseudonyme Kim Aldany pour ses collaboration
avec Alain Grousset ; et Dan Alpac quand tous deux forment
un tri avec Paco Porter, pour la
série des Lumina par exemple.

Par ses œuvres elle cherche
à éveiller la conscience de ses
jeunes lecteurs, qu’elle rencontre souvent dans leurs établissements, et ce en
leur montrant qu’ils ont un rôle à jouer dans l’amélioration et le destin du
monde dans lequel ils vivent. Elle les invite à se méfier des fanatismes et des extrémismes, auxquels il faut savoir opposer sa propre voix.

 

 

« Non, Elle ne savait
pas nager. Où aurait-elle appris ? L’océan ? L’eau en était si polluée et si
radioactive qu’il était déserté depuis des lustres. Les piscines ? Elles
se faisaient si rares… Berenice n’en n’avait vu qu’une dans sa vie. Les
fleuves ? Pollués eux aussi ou asséchés ! Les baignoires, à
l’occasion ? Elles avaient presque disparu de l’équipement domestique au
profit des douches-vapeurs ou à ultra-sons depuis près de 50 ans. »

 

Danielle Martinigol, L’Or bleu, 1989

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