Métapsychologie

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Résumé

Métapsychologie est une œuvrephilosophique et psychologique de Sigmund Freud qui fut publiée en 1924. Celivre retrace en quelque sorte l’ensemble des concepts théoriques et des idéesformulés et développés par la psychanalyse freudienne. Cet ouvrage recoupeainsi un ensemble de ces réflexions sous la forme d’un essai.

Pour commencer, il faut noter que Freud en 1889 affirmaitavoir inventé la psychanalyse et ainsi la science et le métier particulier dela psychologie. Par ailleurs, on a retrouvé dans un carnet de Freud en date du21 décembre 1914 un paragraphe où Freud écrit qu’il élabore « une théoriede la névrose avec des chapitres sur les destins de pulsions, le refoulement etl’inconscient ». Il commence la rédaction de trois essais dès le mois demars 1915 et envoie une lettre datée du 1er avril à Lou Andreas-Salomé,présentant les textes comme « une sorte de synthèse psychologique de sesconceptions antérieures ».

Dans ce livre Freud définit les concepts les plusimportants de la métapsychologie. Si l’inconscient est le thème central de sestravaux, il le définit en le liant à la métapsychologie seulement après avoirénoncé tous les autres concepts. Il définit ainsi la pulsion, le refoulement decertains souvenirs, le rêve ou encore la mélancolie et le deuil – concepts liésà l’inconscient. Freud invente donc la science de l’inconscient, s’opposant auxpraticiens contemporains qui ne retiennent que l’étude de la consciencehumaine. Freud se fonde sur l’expérience et se lance dans une méthodeexpérimentale afin de détecter les manifestations de l’inconscient, de mieux lecerner.

Freud définit le principe de réalité : selon lui laréalité est la capacité à repousser la survenance de la satisfaction d’unepulsion et donc à se contrôler. Ce contrôle est lié à la capacité de l’individuà maîtriser ses nerfs, entre autres par la réflexion. La réalité est égalementla capacité de l’individu à agir sur ce qu’il perçoit, sur ce qui existe autourde lui : si par un acte il est capable de modifier telle chose, c’est lapreuve qu’elle est réelle, extérieure à sa personne – il l’oppose à l’intérieurde l’individu, qu’il ne perçoit pas matériellement. Toutes les actions surl’intérieur du corps de l’individu ne modifient en rien sa perception.

Freud revient plus longuement sur les pulsions, notammentles pulsions de vie ou de mort, la volonté non maîtrisée de vouloir vivre, oud’envisager le suicide, mais également d’envisager la mort d’autrui. La réalitéconsiste ainsi à pouvoir refouler ces pulsions et à les laisser en dehors de laréalité ; en effet, le pouvoir de les conserver pour soi-même sans lesmatérialiser à l’extérieur du corps indique la frontière entre le réel et lereste.

Cependant, le refoulement est présenté comme négatif, cars’il permet de repousser certaines pulsions, bonnes ou mauvaises, il peutamener à se créer des substituts, donnant l’illusion de satisfaire ces pulsionsqui traduisent des besoins inconscients sans les satisfaire.

L’auteur s’attarde aussi sur l’évolution de l’individu etla formation de sa psychologie en étudiant les différents stades successifs dela maturation de l’esprit.

Freud évoque également le narcissisme ; pour lui,cette notion doit être divisée en deux parties : il existerait une versionprimaire saine, qu’il oppose à une version secondaire qui peut entraîner destroubles psychologiques chez l’adulte qui démontre une difficulté à appréhenderson environnement et à envisager sa place parmi les autres.

Ces travaux de Freudreprésentent la base de ses recherches ultérieures : en posant ces nombreuxconcepts il démontre les limites de la psychanalyse et de l’étude du conscient,et propose l’hypothèse de la métapsychologie comme science répondant à ceslacunes. La grande idée développée est la suivante : « Les maladieset les troubles mentaux ne sont pas forcément d’origine organique et donc ducorps physique, mais peuvent avoir des causes et des origines psychologiques etinconscientes ». Il défend le psychisme inconscient bien qu’il ne fasseque formuler une hypothèse, dont la vérification passe par desexpérimentations, comme dans tous les domaines scientifiques. Il s’attacheainsi aux manies, aux troubles du comportement, aux actes manqués oucompulsifs, ou encore aux effets des rêves, y compris ceux dont on ne sesouvient pas. Les actes, les sensations et tout ce qui relève de l’intrinsèquehumain peuvent donc avoir des sources inconscientes, que l’homme ignore donc,bien que tout cela ait un impact sur son comportement.

Freud dévoile ainsi les fondements de la réalitépsychique ; la métapsychologie de façon schématique pourrait s’axer autourde trois grands principes :

– le principe économique qui concerne la libido ;

– le principe topique qui concerne des lieux et desendroits ;

– le principe dynamique qui concerne l’importance dumouvement.

Freud axe une grande partie de sa réflexion sur le faitque le sexe et la sexualité guident, de façon consciente ou inconsciente, unegrande partie des comportements qui servent tous un même but de l’humain, qui concerneraitselon Freud les relations sexuelles, comme chez l’animal. Cette importance dusexe persiste même si l’homme a le langage, contrairement à l’animal. Lelangage, la manière de s’en servir et les effets qu’il a sur les relations avecles autres sont fortement guidés par l’affect, qu’il s’agisse de la paroleintérieure ou de celle que l’on exprime. La linguistique est ainsi une sciencequi observe ce qui est dit, mais aussi ce qui n’est pas dit, non exprimé, commeretenu, et la signification de chaque mot pour chacun. Freud explique quel’être humain présuppose spontanément, plutôt logiquement, que c’est le langagequi distinguerait le mieux l’homme du reste des animaux. La parole transcenderaitla nature animale de l’homme, mais sans le sortir du règne animal. Freud estimeque le fait de voir dans le langage l’élément qui sépare le plus l’homme del’animal, langage que l’on l’utilise de façon inconsciente dans une optiquesocialisante, se fait de façon inconsciente, bien que le langage révèle unegrande partie de l’inconscient humain.

Il explique en outre que les mots n’ont pas tous la mêmeportée sociale ; certains sont tabous quand d’autres ont une imagefavorable et positive, voire bénéfique dans la vision qu’en a l’homme. Ces motsà la portée diverse permettent ainsi de savoir ce qui se fait ou non dans unesociété donnée.

L’étymologie de « métapsychologie », avec lepréfixe « méta » qui signifie « au-delà », prouve unevolonté de dépassement Freud. Dans cet ouvrage, il s’exprime en des motssavants et s’adresse avant tout à des lecteurs aguerris, ayant desconnaissances dans le domaine de la psychanalyse ; il parle ainsi depsychonévrose, mais encore d’investissement et de contre-investissement parexemple, concepts qui concernent la distribution de l’énergie de l’appareilpsychique.

 

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