Par-delà le bien et le mal

par

La morale nietzschéenne

La critique nietzschéenne s'attaque à tous les fondements de la société et de la culture : la morale est une des composantes les plus importantes, et le place de Par-delà le bien et le mal au centre de la bibliographie de Nietzsche est peut-être par là révélatrice.

- Détruire les anciens

Nietzsche met en doute les origines de la morale : c'est le sens premier de son titre, qui demande au lecteur d'aller au-delà de la partition du monde entre bon et mauvais. Il reprend petit à petit les préceptes des Anciens, qu'il accuse d'avoir monté ces concepts de toutes pièces pour servir leurs intérêts. Ainsi, le plus grand criminel serait, selon lui, Platon, qui a le premier intellectualisé la partition du bien et du mal. Celle-ci viendrait du fait que les moins forts, pour triompher de ceux qui les assujettissaient, construisirent ces concepts pour justifier la mise à mort des pulsions violentes des hommes, qui permettaient aux plus forts d'être les maîtres. Le rapport de force se serait inversé, grâce à la morale ainsi créée, et notre société serait le produit de cette première perversion qui a enfermé les pulsions naturelles de l'homme dans un carcan moral et étouffant.

- Construire une nouvelle morale

À partir de cette première entreprise de destruction, Nietzsche propose de revenir à ce qu'il y avait « avant les grecs », à savoir une morale qui magnifie l'homme plus qu'elle ne le contient dans des limites étriquées. Il propose ainsi de revenir aux pulsions premières, aux sentiments bruts et naturels, et renverse les valeurs pour que l'homme puisse s'épanouir pleinement. La morale nietzschéenne prend donc le contre-pied radical de la morale chrétienne et...

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Dissertation à propos de Par-delà le bien et le mal