Poèmes antiques

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Un travail formel où la beauté est importante

Le mot « formel » peut avoir plusieurs sens. Il peut signifier un travail fait d’une manière claire et précise mais il peut également concerner un travail qui semble beau et où la forme est importante. Comme évoqué précédemment, la structure du recueil est divisée en trois parties : l'une, plus importante que les autres, accueille des poèmes antiques à la gloire des anciennes divinités grecques et indiennes. La seconde et la troisième sont moins consistantes et semblent prises entre parenthèses dans la première. Elles narrent la joie des saisons, du temps ou bien la tristesse des déceptions amoureuses. Chacun de ses poèmes suit une règle précise : les rimes sont toujours présentes, aussi bien dans les poèmes que dans les chansons, elles sont le plus souvent croisées, parfois embrassées et comportent en général des paragraphes. La structure du recueil suit une logique bien précise, avec des parties, des sous-parties, il n'y a que peu de place pour le brouillon, le flou. On constate que l'auteur a réuni ensemble les textes traitant du même thème, comme les dieux, ou les femmes, comme un commentaire composé où les idées sont ordonnées. On peut considérer ce style comme un peu scolaire, car il n'y a pas de place à l'imprévu. En effet, tout semble rangé et pensé d’une manière très précise, ce qui peut lasser quelque peu le lecteur, la surprise ne semble pas être dans les habitudes de l’auteur.

Malgré tout, cette présentation des poèmes offre au regard une certaine beauté. Outre le fond, qui est très travaillé, et où la beauté cherche à être mise en valeur par des termes symboliques, la forme joue un rôle très important dans le regard que le lecteur porte sur l’œuvre. Ainsi, l'auteur a choisi de faire souvent varier la forme visuelle, en séparant de façons diverses ses poèmes : souvent en quatrains, ils peuvent cependant alterner entre quatrains et distiques, entre quintils et distiques ou encore n'être que des « blocs » de textes, comme dans Bhagavat. Au sein même des chansons, des différences notables se font sentir. Dans Jane, la structure classique de la chanson est respectée : on observe bien plusieurs strophes avant un refrain, qui se répète en moyenne de trois fois dans la chanson. En revanche, dans les autres, cette structure n’est que peu visible, voire absente. Lorsqu'ils y sont, ces refrains revêtent plusieurs formes, comme pour cette phrase qui revient au début et à la fin de la strophe : « Ô mon cher rouet, ma blanche bobine, je vous aime mieux que l’or et l’argent ! Vous me donnez tout, lait, beurre et farine, et le gai logis, et le vêtement. Je vous aime mieux que l’or et l’argent, ô mon cher rouet, ma blanche bobine ! » 

L'auteur présente donc ici un recueil très formel, quel qu'en soit le sens, puisque sa structure globale est très précise et cadrée. Cependant,  cette structure précise offre également au lecteur une beauté visuelle évidente.

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