Si c'est un homme

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Les conditions de vie au Lager

1) Une journée ordinaire

Le réveil est très rapide, peu de temps avant la distribution de la nourriture « Ils secouent les couvertures en soulevant des nuages de poussière fétide, s'habillent avec une hâte fébrile, se précipitent dehors à moitié nus dans un froid glacial, courent vers les latrines et les lavabos ; beaucoup, bestialement, urinent en courant pour gagner du temps car dans cinq minutes c'est la distribution du pain »

Une ration de soupe et de pain le matin → il faut montrer le numéro tatoué sur le poignet pour l'obtenir

Tout le monde travaille et toute la journée (tant qu'il fait jour) = l'été 6h30-12h et 13h-18h

= l'hiver 8h-12h et 12h30-16h

Un dimanche sur 2 est un jour dit « férié » = travailler à l'entretien du camp au lieu de travailler à l'usine.

Primo a principalement effectuer deux types de travaux : porter des poutres du wagon à l'usine, cela est difficile car les poutres sont lourdes et il faut avoir un bon compagnon avec qui on peut marcher d'une commune allure (pas comme Null Achtzehhn qui bute toujours dans les pieds de Primo et lui fera tomber la barre de fer sur le pied).

Puis il doit s'occuper d'une citerne : « Nous étions six à récurer et nettoyer l'intérieur d'une citerne souterraine. La lumière du jour ne nous parvenait qu'à travers l'étroit portillon d'accès. C'était un travail de luxe car personne ne nous surveillait mais il faisait froid et humide. aA poussière de rouille nous brûlait les yeux et nous laissait dans la bouche et la gorge comme un goût de sang. »

Puis après la journée de travail et la soupe du soir, tout le monde retourne au dortoir : « il contient cent quarante-huit couchettes disposées sur trois niveaux et divisées par trois couloirs et aussi serrées que les alvéoles d'une ruche, de manière à utiliser la totalité du volume disponible, jusqu'au plafond ; c'est là que vivent les Hâftlinge ordinaires, à raison de deux cents à deux cent cinquante par baraque, soit deux hommes dans la plupart des couchettes, qui sont des bat-flanc mobiles pourvus chacun d'une mince paillasse et de deux couvertures. » Il est donc primordial d'avoir un compagnon de couchette avec qui on s'entend bien et plutôt délicat si vous voulez avoir un peu de repos.

Les journées se succèdent toutes de la même façon, les seuls qui ont une journée un peu différente sont les malades de l'infirmerie.

2) L'infirmerie

Primo a été admis à l'infirmerie car son compagnon de travail a laissé tomber une barre de fer sur son pied. Infirmerie se dit Krankenbau, surnommée KB. Ensemble de 8 baraques, séparées du reste du camp par des barbelés, contient 1/10° de la population du camp. Pour être admis au KB il faut pouvoir guérir, sinon → chambre à gaz.

Examen médical se fait en 2 étapes : la première est rapide, les blessés se suivent en file indienne, nus ; la deuxième se fait tout aussi rapidement mais avec un plus petit nombre de blessés.

Vie plus facile qu'au camp « La vie au KB est une vie de limbes. Les désagréments matériels y sont relativement limités, mis à part la faim et les souffrances dues à la maladie. Il ne fait pas froid, on ne travaille pas, et, à moins de commettre quelque grave manquement, on n'est pas battu »

C'est pourquoi certains tentent de passer l'hiver au KB en trichant sur leur état de santé : payer quelqu'un d'autre en pain pour récupérer son seau de malade et faire croire que c'est le sien, mais c'est risqué. C'est ce que fait par exemple Piero Sonino. « Sa méthode consiste à faire la queue derrière un malade authentiquement atteint de dysenterie, et qui offre quelque chance de succès, quand vient son tour, il lui demande sa collaboration (contre de la soupe ou du pain) et si l'autre accepte et que l'infirmier ait un instant d'inattention, il échange les bassines au milieu de la confusion générale, et le tour est joué. »

Emploi du temps du KB : 4h → lever, faire son lit et se laver

5h30 → distribution de pain, le manger tranquillement, repos jusqu'à 12h

12h → distribution du bouillon, sieste jusqu'à 16h

16h → visite médicale et soins

21h → extinction des feux

On comprend donc pourquoi il vaut mieux être malade (sans que cela soit trop grave) que de travailler.

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