Sonnets

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Le thème de l'amour

Le thème de l'amour est omniprésent dans ses sonnets. Chacun d'eux en parle, en bien comme en mal, dans la joie ou la tristesse. Louise Labé a été très blessée par sa rupture avec Olivier de Magny et se sert de ses poèmes comme d'exutoire à ses sentiments, à sa douleur. Par ailleurs, on considère que le sonnet est la forme d'excellence pour parler d'amour, ce qui appuierait la thèse du thème.

L'amour passion : Louise Labé est une passionnée en amour. Elle écrit des poèmes poignants sur ce qu'elle ressent à l'égard d'autrui. L'amour dans ses description est une chose belle, merveilleuse, enivrante, qu'elle décrit en des termes très poétiques : « Ô doux regards, ô yeux pleins de beauté, petits jardins pleins de fleurs amoureuses» ; l'amour semble presque idéalisé. Quand l'auteur aime, c'est le monde entier qui devient amour et beauté. Ce thème de la beauté est d'ailleurs très présent ; il y a une description verdoyante du monde, comme si l'amour offrait un renouveau, un bourgeonnement interne et externe, l'un des sentiments de l'auteur, l'autre du monde extérieur. La vie naît de l'amour, comme les plantes naissent de la terre, la métaphore de l'amour par la plante est régulière : « Si, de mes bras le tenant accolé, comme du lierre est l'arbre ensorcelé », « En doux coulant, l'autre de se parer de mainte fleurs de couleur non pareille. Là les oiseaux aux arbres font merveilles ». L'amour serait donc ici synonyme de vie.

Dans ses poèmes, l'auteur ne s'adresse qu'à une seule et même personne, à qui elle dédie tous ses textes. En effet, chacun s'adresse à une personne unique et différente de l'énonciateur trahit par la présence de la deuxième personne du singulier (« tu »). A ce « tu », Louise Labé fait un véritable éloge : cette personne semble merveilleuse puisqu'elle éveille en elle les plus ardentes passions. Dans son sonnet I, Labé fait une énumération des parties du corps de l'être aimé, montrant à travers cette suite de terme du corps humain comme elle aime tout ce qui lui appartient : « Ô ris, ô front, cheveux, bras, mains et doigts ! ».

On peut également noter des termes qui prouvent la passion qui l'habite ; le feu est très présent, comme si l'amour la consumait entièrement : elle éprouve de l' « ardeur », les termes de «flambeaux », d' « étincelles », de « flamme » ou encore de « feux » sont omniprésent dans l'ensemble de ses sonnets. Or le feu est l'élément le plus utilisé pour métaphoriser l'amour violent, l'amour passion. On peut donc affirmer que Louise Labé aime et fait de cet amour quelque chose de très fort, voire de trop fort car la déception derrière peut être immense.

L'amour douleur : Sa passion dévorante semble cependant avoir été déçue car c'est surtout la perte de l'être aimé qu'elle pleure quand elle parle d'amour. Son amour a été tel que les douleurs qu'elle endure maintenant doivent être exprimées, par des mots parfois crus et sans fioritures, des mots nus qui montrent que l'auteur en les disant se met à la merci des lecteurs. Les plaintes, les suppliques et la douleur, qui semble presque être une douleur physique sont montrées : « Ô cruautés, ô duretés inhumaines ». Sa peine est telle qu'elle compare ses larmes à un flot quotidien et ininterrompu, telle une fontaine inépuisable « Tristes soupirs et larmes coutumières à engendrer de moi maintes rivières, dont mes deux yeux sont sources et fontaines ! ». La présence récurrente du « Ô » anaphorique, suivit régulièrement d'une ponctuation forte (« ! ») insiste sur le côté pathétique de la condition dans laquelle se retrouve l'auteur, et marque sa volonté de montrer la force de sa peine.

Les termes de la méchanceté sont également très présents : l'auteur ne voit plus l'amour comme une chose merveilleuse mais comme un sentiment cruel car il est parfois à sens unique. Elle s'en prend également aux Dieux qu'elle accuse de jouer avec elle pour se divertir. Ils sont, à ses yeux, responsable des flèches qu'elle reçoit et qui la pousse à aimer à la folie, mais sans retour : « Depuis qu'Amour cruel empoisonna premièrement de son feu ma poitrine, toujours brûlai de sa fureur divine, qui un seul jour mon cœur n'abandonna. ». Les douleurs qu'elle a subit sont tellement fortes et nombreuses qu'elle se pense même incapable de pouvoir laisser place à une douleur nouvelle « Car je suis tant navrée en toutes parts que plus en moi une nouvelle plaie, pour m'empirer, ne pourrait trouver place. ».

La douleur va parfois faire place à un sentiment de mort. Perdre l'objet de son amour est comme perdre la vie à ses yeux. Et pourtant elle ne souhaite pas mourir « Je ne souhaite encore point mourir. », mais elle pourrait fini par arriver à ce stade final si ses tentatives pour retrouver l'objet d'amour sont vaines. Louise Labé se considère comme un simple corps, dont la meilleure partie serait l'âme et que cette âme est partie quand celui qu'elle aimait a disparu. L'aide d'allitérations dures, en –r– notamment, appuient sur l'idée de la mort en l'absence d'amour.

On peut donc dire que les poèmes de l'auteur sont des élégies, c'est-à-dire des poèmes lyriques qui permettent d'exprimer la tristesse, mais ici la tristesse amoureuse. C'est pour elle une douleur morale et physique car quand elle aime c'est avec passion et c'est pour tenter d'exorciser sa douleur qu'elle couche son ressenti sur papier.

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